![]() "Il a été décidé de faire une demande à la Commission européenne pour que la pratique de désalcoolisation, sans préciser quelles technologies, soit autorisée et que les vins qui en sont issus puissent être exportés dans l’Union européenne”, indique Patrice Bersac. (© Viti-net) |
Le centre Inra de Pech Rouge dans l’Aude a produit un vin à 10° d’alcool, “Dix de Pech Rouge”. 3. 000 bouteilles se sont écoulées cet été en quelques semaines à la Cité de la vigne et du vin, à côté du centre de recherches. “L’effet curiosité a été grand, le public a bien accueilli le vin. Le capitaine de la Police nationale de Narbonne a lui aussi trouvé que c’était une bonne idée. Nous allons en faire une nouvelle cuvée rosé et rouge, début 2009", commente Jean-Louis Escudier, directeur du centre et coordonnateur du programme national de recherches.
Le “Dix de Pech Rouge” est issu d’un procédé technologique faisant intervenir osmose inverse et contacteur à membrane. Au départ le vin était à 14°. “Cette technique est autorisée sous dérogation, mais le producteur n’a pas le droit d’exporter", précise Jean-Louis Escudier. “La législation européenne interdit l’exportation de vins issus de nouvelles technologies de désalcoolisation non référencées”.
En Grande-Bretagne, une partie des consommateurs demandent des vins à teneur réduite en alcool, notamment les femmes fuyant les boissons trop caloriques. Les enseignes de distribution Sainsbury’s, Marks and Spencer, Tesco proposent des vins à 9° ou 10°. Des producteurs français ont voulu exporter outre Manche leurs vins partiellement désalcoolisés, avant de se heurter au veto de Bruxelles et de voir leur acheteur britannique se rabattre sur des vins australiens eux aussi désalcoolisés.
“Cette situation de blocage réglementaire pourrait être levée suite à la demande forte de la profession dans quelques mois”, annonce Jean-Louis Escudier. Patrice Bersac indique avoir réuni fin septembre les Douanes, la Dgccrf, l’Ifv, l’Inao, le ministère de l’Agriculture, Viniflhor. “Les pouvoirs publics ont été motivés par la demande insistante de la filière pour convaincre les Etats-membres de l’intérêt de la désalcoolisation, indique-t-il. Un rapport va présenter les résultats des différentes expérimentations. Il a été décidé de faire une demande à la Commission européenne pour que la pratique de désalcoolisation, sans préciser quelles technologies, soit autorisée et que les vins qui en sont issus puissent être exportés dans l’Union européenne.”


