![]() "Les niveaux de résidus mesurés dans les vins dans l'étude Pan Europe sont très faibles et concernent peu de molécules" met en avant l'Ifv. "De plus, les niveaux maximum de résidus retrouvés par Pan sont de 20 à 5.000 fois inférieurs aux limites maximales de résidus fixées dans le raisin" (© D.R.) |
L’Ifv a comparé les résultats de l’enquête de Pan Europe à une étude réalisée par l’Institut français de la vigne et du vin de 1999 à 2001 et à une autre enquête menée par le ministère de l’Agriculturede 1990 à 2003 : « globalement les teneurs observées dans les dix vins français de l’étude Pan sont inférieures aux teneurs moyennes décelées dans les études Dgal et Ifv. Toutes ces études dressent un état des lieux plutôt satisfaisant : les niveaux de résidus mesurés dans les vins sont très faibles et concernent peu de molécules. Les niveaux maximum de résidus retrouvés par Pan sont de 20 à 5 000 fois inférieurs aux limites maximales de résidus fixées dans le raisin. »
Les limites maximales de résidus (Lmr) en viticulture ne sont actuellement fixées au niveau européen que pour les raisins. « Mais il est prévu que les Lmr européennes concernent également les vins » indique-t-on à la Dgccrf. Les dossiers d’homologation de produits phytosanitaires auprès de l’Union européenne demandent déjà des Lmr dans les vins pour ces produits ou des coefficients de transfert de résidus des raisins au vin. « Il sera plus facile avec ces repères d’établir des limites pour les vins au niveau européen », souligne Jean-Claude Ruf, chef de l’unité œnologie sécurité et santé à l’Organisation internationale de la vigne et du vin.
L’Oiv avait commencé à travailler à la fixation de Lmr communes pour les vins entre pays membres de l’organisation : « ce travail n’est pas abouti aujourd’hui. Il existe encore des questions sur l’évaluation du transfert moyen dans le vin des résidus pouvant être présents dans le raisin. Ces transferts ne sont pas homogènes. 80 à 90% des molécules ne se retrouvent pas dans le vin, mais certaines passent à 100% » poursuit M. Ruf.
Les États membres de l’Oiv se sont mis d’accord pour que l’Oiv diffuse les limites des différents pays. Des repères qui n’empêcheront pas de possibles entraves au commerce international, car un pays peut toujours décider de bloquer l’importation d’un lot de vins au motif qu’ils contiendraient des résidus de telle ou telle substance phytosanitaire.
L’Ifv a proposé en 2003 à l’Oiv des Lmr dans les vins. « J’avais essayé de faire admettre des Lmr vins harmonisées au niveau de l’Oiv, mais les délégués australiens notamment s’y étaient opposés. Pour eux, si des limites étaient fixées, cela engendrerait des demandes d’analyses de la part des pays importateurs, d’autant plus coûteuses que le nombre de molécules existantes est élevé, commente Jean-Luc Berger, directeur technique de l’Ifv et vice-président de commission œnologie de l’Oiv. Pour ma part, je vais tirer parti du retentissement de l’étude de Pan Europe pour relancer le débat auprès de l’Oiv pour des Lmr vins harmonisées, qui sont aussi souhaitables au niveau européen. »
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