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Certifications qualité de la vigne à la bouteille - Des efforts payants, mais de façon indirecte

( Publié le 14/03/2006 à 16h27 )
Bien avant la traçabilité obligatoire, un certain nombre de professionnels viticoles ont souhaité anticiper et s’engager dans des démarches de certification qualité, comme Qualenvi ou ISO 14 001. Ces certifications associant optimisation de la production et exigences environnementales peuvent apporter un plus au moment des transactions.

Elles sont aujourd’hui nombreuses en France les coopératives à s’être engagées dans des démarches qualité, souvent à la suite de demandes d’acheteurs de grande distribution et bien avant que la traçabilité ne devienne obligatoire. A mesure que le vin était de plus en plus considéré par les opérateurs comme un produit agro-alimentaire, beaucoup de structures ont cherché à optimiser leur production et ont obtenu les certifications ISO 9002 puis ISO 9001 (management de la qualité, traçabilité, analyse des risques, satisfaction client etc.)

Parmi elles, la cave coopérative de Beaumes-de-Venise (Vaucluse, 198 producteurs adhérents) fait figure de pionnière puisqu’en 1996, de sa propre initiative, elle a été la première en France à obtenir la certification AFAQ (Agence française d’assurance qualité) ISO 9002 pour le processus complet viti-vinicole, avant de décrocher en 2001 le certificat ISO 14 001 "Management environnemental". "Nous appliquons la norme ISO 14 001 également au vignoble, alors que dans d’autres caves elle est restreinte au site de production, précise Michèle Vacher, responsable qualité. Nous avons en outre depuis 1999 une charte, Vivre (viticulture respectueuse de l’environnement), qui prend en compte non seulement la lutte raisonnée mais aussi l’eau, les déchets et la protection des paysages et qui est élaborée avec les services de la Protection des végétaux".

Une gestion globale de la qualité

La norme ISO 14001 implique l’analyse poussée de l’impact des activités de la coopérative sur l’environnement et la définition des moyens de les réduire. A Beaumes-de-Venise, la coopérative a ainsi travaillé au vignoble sur la protection de l’eau de source et de la rivière locale, et s’est penchée sur le tri et la valorisation des déchets. Sur le site de production, outre les économies d’énergie; la coopérative réutilise désormais les eaux de stérilisation. "Cela nous a permis aussi de travailler sur la sécurité de notre personnel. Car tout est lié. ISO 14 001 vient en continuité des autres normes. Il s’agit d’un management global de la qualité et de l’environnement", poursuit Michèle Vacher.

Ce souci de traçabilité, de qualité et de respect de l’environnement est partagé par de plus en plus de vignerons. Ainsi, selon l’AFAQ, quatre châteaux bordelais sont eux aussi certifiés ISO 14 001 management de l’environnement, y compris pour la culture de la vigne. A côté de la norme ISO universellement connue, il existe également la certification Qualenvi, une certification mise en place par les Vignerons indépendants avec l’AFAQ et qui garantit la qualité de service, la traçabilité et la "gestion maîtrisée de l’environnement" .

Plusieurs dizaines de producteurs en France sont certifiés Qualenvi. "Cette démarche intègre toutes nos activités de la plantation de la vigne jusqu’à la facture. Cela passe par la lutte raisonnée, l’enregistrement de toutes les opérations manuelles, de tous les traitements phytos et oenologiques, jusqu’au traçage du matériel, explique Jean Roche, producteur dans l’AOC Cahors (domaine Croze de Pys). Je me suis engagé dans Qualenvi par envie d’améliorer la production et pour anticiper la réglementation".

Un atout à l’export

Les vignerons certifiés Qualenvi sont audités en interne tous les ans et par l’Afaq tous les trois ans. Le coût annuel est estimé par Jean Roche à 1 400 euros environ, auxquels il faut ajouter des investissements en matériel et de nouvelles contraintes au quotidien. Pour la norme ISO 14 001, un audit de suivi est conduit tous les ans et un audit de renouvellement est imposé après la période de trois ans pendant laquelle est valide le certificat initial. Le coût des audits est variable selon les structures et les activités certifiées.

Mais la démarche semble payante, du moins de façon indirecte : "c’est un plus au niveau de la prospection, qui peut être décisif, note Jean Roche. Cela permet d’assurer la qualité du vin et autour du vin : un bouchage nickel, et même une étiquette bien droite ! C’est intéressant à l’export, après de mes clients de grande distribution en Belgique, Grande-Bretagne, Canada. Mais en France, mes clients en réseau traditionnel ne voient pas l’intérêt de la démarche." A Beaumes-de-Venise, Michèle Vacher parle également "d’un plus dans la négociation", notamment à l’export et face à la grande distribution, "qui sont plus demandeurs de garanties". "On répond mieux aux attentes et la démarche ISO nous aide à gagner ou à garder des marchés". Un atout précieux dans la conjoncture actuelle...

Source : Terre-net
Auteur : Ligerienne de presse
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