"Nous sommes surpris du jugement. Nous mettons en avant la jeunesse de nos vins parce que ce ne sont pas des vins de garde, ce sont des vins jeunes. Et nous respectons la loi, puisque nous parlons des qualités du produit", a déclaré à l'AFP René-Louis David, secrétaire général d'InterLoire, Interprofession des Vins du Val de Loire, basé à Tours. "Nous avions prévu des visuels pour la rentrée. Nous allons les modifier pour respecter le jugement", a-t-il précisé, en indiquant "réfléchir à l'éventualité de faire appel sachant que celui-ci n'est pas suspensif". L'association de prévention de l'alcoolisme (ANPAA) avait saisi le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour faire interdire une campagne de publicité pour les vins du Val-de-Loire, qu'elle juge trop incitative pour la jeunesse.
S'appuyant sur les slogans de cette campagne ("Enfin des jeunes qui ont du goût", "Qui ose dire que jeunesse ne rime pas avec délicatesse?") diffusée dans la presse magazine, l'association estimait qu'elle avait pour "objectif d'attirer l'attention des jeunes consommateurs", ce qui est interdit par les dispositions de la loi Evin. Rejoignant les arguments de l'ANPAA, le juge Louis-Marie Raingeard de la Blétière a estimé que "l'ambiguïté voulue du slogan décrivant, pour un consommateur averti, un mode de vente et de consommation des vins d'Anjou, des caractéristiques gustatives et dans le même temps les qualités d'un consommateur auquel le lecteur est appelé à s'identifier, excède les limites posées par la loi". Le juge a donc interdit la poursuite de cette campagne, "sous astreinte de 1.000 euros par infraction constatée".


