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Environnement - Le boum du vin biologique français

( Publié le 24/01/2012 à 09h35 )
Le vin issu de l'agriculture biologique est depuis quelques années en pleine progression en France, où il grignote des parts de marchés, comme en témoigne la 19e édition du salon « Millésime bio » qui se tient jusqu'à mercredi à Montpellier.


En 2010, la viticulture biologique représentait
en France 50.116 hectares travaillés par 3.898
producteurs. (© Terre-net Média)

Avec 50.116 hectares pour 3.898 producteurs (fin 2010), le vignoble vert hexagonal, tiré par le Languedoc-Roussillon (16.462 ha) et la région Paca (11.209 ha), représente 6 % de l'ensemble du secteur. Et au niveau mondial, il se classe au troisième rang, derrière l'Espagne (57.232 ha) et l'Italie (52.273 ha), mais devant les Etats-Unis (11.448 ha) ou l'Asie (2.424 ha).

« Une explosion des conversions au bio »

« Depuis 2010, nous avons atteint les objectifs du Grenelle de l'Environnement pour 2012 », se félicite le président de l'association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc-Roussillon (Aivblr), Thierry Julien. « Il y a une explosion des conversions au bio (+28 %) », ajoute le patron de ce salon qui accueille 600 exposants et attend 3.000 visiteurs. Du Poitou Charentes (+87 %) à l'Aquitaine (+63 %) ou en Champagne (+59 %), partout des viticulteurs du premier producteur de vin au monde (50 millions dhectolitres en 2011) se lancent dans le bio. « Sans sacrifier à la quantité et à la qualité », assurent des précurseurs du bio, comme Dominique Pons à Saint-Nazaire (Gard) ou Rémy Soulié à Saint-Chinion (Hérault).

Il est vrai qu'aujourd'hui, les vignerons sont encouragés à produire bio. Ce qui n'était pas le cas dans le passé. « On m'a traité de fou, de marginal. La Chambre d'agriculture faisait barrage. La banque refusait de me prêter de l'argent », se souvient M. Pons, fier d'arborer sa médaille de pionnier. Avant l'arrivée des désherbants dans les années 1950-1960, tout le monde faisait du bio. Sans le savoir. « Avec les produits, on a eu la possibilité de produire plus en travaillant moins. Je n'ai pas cédé même si on m'a dit que je retournais 50 ans en arrière. Et aujourd'hui, j'ai des terres qui n'ont connu ni les pesticides ni les insecticides », renchérit M. Soulié.

322 millions d'euros en 2010

« On a voulu que mon grand père, Pierre, mette des engrais sur ses vignes. Il a été viré de sa coopérative. Mais lui voulait faire du vin avec du raisin », complète Julien Guillot, dont la vie a toujours été lié au bio. Son père, Alain, président de la fédération nationale de l'agriculture biologique, a imposé le logo AB. Julien Guillot, qui est à la tête du vignoble du Mayne à Cluny (Saône-et-Loire) et se revendique comme « le plus ancien domaine bio en France » (1954), vend partout dans le monde, comme les vins conventionnels: Etats-Unis, Japon, Australie... Et se réjouit de voir « l'intérêt » se développer en France. « C'est à cause des scandales alimentaires, à commencer par la vache folle », estime-t-il.

En terme de ventes, le secteur a gagné 8 % en un an pour atteindre 322 millions d'euros, soit un peu moins de 10 % du marché de l'ensemble des produits biologiques en France (3,4 milliards d'euros en 2010). Surtout, il garde un fort potentiel car il apparaît que 53 % des Français (sondage Ipsos pour le salon) n'achètent pas ce vin « par manque d'habitude ». Le changement de dénomination avec un passage de « vin issu de l'agriculture biologique » à « vin biologique » cette année, tout comme l'aboutissement des négociations européennes sur la vinification qui permettraient d'adopter un logo européen, devraient aider à renforcer un vin encore en recherche d'image en terme de saveur. « La plupart des très grands vins français proviennent de la culture bio, mais ils ne communiquent pas sur cet aspect », constate toutefois M. Julien.

 

Source : Afp
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Commentaires
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Jacquou le 26/01/2012 17:24:08
Pour l'instant, ce ne sont toujours que les raisins qui sont issus de l'A.B., et non les vins ; donc on ne peut toujours pas parler de vins de l'A.B. comme vous le faites. Trop de consommateurs qui vous emboîtent le pas sont étonnés lorsqu'on leur explique à la cave qu'il n'y a pas de certification officielle sur la vinification en A.B., tant que le cahier des charges européen de la vinification en A.B. ne sera pas appliqué (décret en attente avant le 31 mars 2012 avec date butoir au 31 juillet 2012). Ce cahier des charges européens sera malheureusement plus large que la plupart des chartes privées de vinification en A.B. . Déontologiquement cependant, rien n'empêchera le viticulteur de s'astreindre à des limites plus draconiennes tout en souscrivant au cahier européen.


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