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Réglementation et technique - Le SO2 au cœur de l’actualité

( Publié le 07/10/2011 à 09h41 )
Demande des consommateurs, directive biocide, projet de réglement pour la vinification biologique, conférences techniques. Depuis plusieurs mois, l’utilisation et le dosage du SO2 sont au coeur des débats au sein de la filière viticole. Tour d'horizon.


Depuis l'an dernier, le SO2 est devenu l'objet de toutes les
attentions. (© Terre-net Média)

« La volonté des consommateurs à s’orienter vers des produits ayant le moins d’intrants possible et les discussions réglementaires autour de la diminution des teneurs en anhydride sulfureux (SO2) dans le vin font de la problématique SO2 un enjeu pour la filière et un défi œnologique », expliquait Interloire en introduction de sa journée sur cette thématique en juillet dernier. Depuis l’an dernier, le SO2 est en effet devenu l’objet de toutes les attentions. D’une part au travers des projets du règlement « vins bio » et « directive biocide », proposés par la Commission européenne et d’autre part, au travers des nombreux travaux de recherches, expérimentations et conférences techniques, qui portent sur la diminution des doses de SO2 et sur comment trouver des solutions alternatives à son emploi.

De nouvelles limites de doses de SO2

Concernant le projet de règlement « vin bio », une réunion du bureau permanent de la commission européenne (« Scof ») - qui regroupe l’ensemble de représentants des 25 états membres de l’Europe et qui est chargé d’élaborer et de voter la future règlementation vinification bio - s’est déroulée les 7 et 8 juillet derniers. A la suite de cela, une seconde proposition de règlement de la vinification a été faite par la commission européenne. Une précédente proposition d’élaboration des règles communautaires ayant en effet échoué l'an dernier, suite à des désaccords sur les teneurs maximum en sulfite (SO2), qui constituaient le principal point de blocage entre les Etats membres. Cette seconde proposition contient une principale modification qui porte donc sur de nouvelles limites de doses de SO2 (voir encadré).

Le nouveau projet de réglement vin bio de la CE propose des limites maximales de SO2 selon un zonage géographique, basé sur celui du règlement de l’Ocm viti-vinicole.

Deux zones couvrent la France :

  • la zone B pour le nord du pays - avec l’Alsace, la Lorraine, la Champagne, le Jura, la Savoie, les Pays de Loire, le Centre, la Vienne et les Deux-Sèvres -Pour les zones A et B, les doses seraient minorées de 30 mg/l, soit des teneurs de maximum 120 mg/l pour les vins rouges, de 170 mg/l pour les blancs et rosés, et de 170 à 370 mg/l pour les différents types de vins doux.
  • la zone C, qui contient le reste des départements viticoles français (sud). Pour cette zone, le nouveau projet de règlement prévoit pour les vins rouges une teneur maximale en SO2 total de 100 mg/l, pour les vins blancs et rosés, une teneur maximale de 150 mg/l.

Source: Cevi

« Le projet de la Commission maintient la possibilité pour les Etats Membres de relever la limite maximale en cas de conditions climatiques exceptionnelles », indique également la Cevi (Confédération européenne des vignerons indépendants). Mais ce projet de règlement reste encore à ce jour l’objet de discussions entre Etats membres. Selon la Cevi, la Commission indique que ce projet « est le dernier » : « faute d’accord, le vin ne pourra pas porter le logo "UE Bio" à partir de juillet 2012, logo obligatoire pour toutes les productions bio en Europe ».

L’utilisation du SO2 comme additif n’est pas remis en cause

Le SO2 fait également l’objet d’une remise en question dans le cadre de son utilisation lors du méchage des barriques. « Cette pratique est la plus efficace pour maîtriser au mieux cette période délicate de l’élevage des vins exposés durant des mois aux risques de contaminations microbiologiques », argumente le Comité européen des entreprises vins (Ceev), qui représente l’industrie et le commerce des vins dans l’Union européenne.
Or la directive européenne « Biocide 98/8 » a pour objectif d’identifier, de lister, d’évaluer et de retirer du marché des substances chimiques susceptibles d’être dangereuses pour l’environnement et l’homme. La législation communautaire impose donc une « évaluation technico-scientifique » sur l’efficacité et l’acceptabilité des risques pour la santé et l’environnement de l’utilisation du SO2, qui est en effet considéré comme produit biocide de « type 4 » dans le cadre de son utilisation comme désinfectant pour les contenants en bois - fûts, barriques,… Si cette évaluation scientifique n’est faite dans les temps, celui-ci est donc susceptible d’être interdit. Les produits correspondant étant les pastilles, les bougies et les mèches de soufre, précise le Ceev.
Or l’évaluation technico-scientifique sur son efficacité et ses risques n’a pas été réalisée en temps voulu, puisque la législation, entérinée en 2001, prévoyait dix années de transition pendant lesquelles le dossier devait obligatoirement être déposé. Les dix années étant écoulées, la Commission européenne est contrainte d’entériner l’interdiction du produit en tant que biocide. « Néanmoins, suite à la demande des organisations européennes de la filière en mai dernier et consciente du préjudice causé aux producteurs de vin, la commission est disposée dans le cadre d’une procédure exceptionnelle à recevoir un dossier d’évaluation de la substance en vue d’une levée de son interdiction », indique le Ceev. Le délai accordé de réception de ce dossier est de un an, reportant la décision en mai 2012, période pendant laquelle le produit pourra continuer à être commercialisé. Les professionnels européens du secteur ont donc un an pour se mobiliser et déposer un dossier. Celui-ci ayant un coût élevé, compris entre 350 et 500.000€, il fait actuellement l’objet d’une levée de fonds auprès de tous les acteurs concernés. Certaines organisations se sont immédiatement portées contributeurs et notamment en France - le Cniv, Comité National des Interprofessions de Vins à appellation d’origine et à indication géographique française, l’Union des œnologues de France et la Fédération française des tonneliers - au Portugal et par des fabricants de produits œnologiques (Oenoppia). "Cependant la mobilisation est encore insuffisante dans les autres pays européens concernés et ne permet pas encore à ce jour d’assurer le financement complet de cette opération", précise le Ceev. L’utilisation du SO2 comme additif n’est par contre pas remis en cause à ce jour.

Trouver des solutions alternatives à l’utilisation des sulfites

Enfin, le SO2 est également au cœur de l’actualité technique, au travers des travaux de recherches et expérimentations en cours, menés par les interprofessions, l’Ifv, l’Inra, ou les Chambres d’agriculture, mais aussi des nombreuses conférences techniques consacrées à la réduction des doses de SO2 dans les vins. Autre sujet à l’étude : un groupe de travail national, piloté par l’Ifv, a été constitué avec de nombreux partenaires, afin de trouver des solutions alternatives à l’utilisation des sulfites. De nombreux travaux ont été réalisés sur des voies chimiques, biologiques ou physiques et sur leur intégration possible au sein d’un process. « Le projet entrepris vise à franchir une nouvelle étape dans la réduction de l’emploi de sulfites en œnologie, en passant de l’optimisation à la suppression, précise l’Ifv. Pour cela, toutes les alternatives éprouvées ou envisagées seront combinées de manière à préciser les limites d’une restriction sévère de l’emploi de sulfites en œnologie ».

Source : Terre-net Média
Auteur : Juliette Cassagnes
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