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Concernant le projet de règlement « vin bio », une réunion du bureau permanent de la commission européenne (« Scof ») - qui regroupe l’ensemble de représentants des 25 états membres de l’Europe et qui est chargé d’élaborer et de voter la future règlementation vinification bio - s’est déroulée les 7 et 8 juillet derniers. A la suite de cela, une seconde proposition de règlement de la vinification a été faite par la commission européenne. Une précédente proposition d’élaboration des règles communautaires ayant en effet échoué l'an dernier, suite à des désaccords sur les teneurs maximum en sulfite (SO2), qui constituaient le principal point de blocage entre les Etats membres. Cette seconde proposition contient une principale modification qui porte donc sur de nouvelles limites de doses de SO2 (voir encadré).
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Le nouveau projet de réglement vin bio de la CE propose des limites maximales de SO2 selon un zonage géographique, basé sur celui du règlement de l’Ocm viti-vinicole. Deux zones couvrent la France :
Source: Cevi |
Le SO2 fait également l’objet d’une remise en question dans le cadre de son utilisation lors du méchage des barriques. « Cette pratique est la plus efficace pour maîtriser au mieux cette période délicate de l’élevage des vins exposés durant des mois aux risques de contaminations microbiologiques », argumente le Comité européen des entreprises vins (Ceev), qui représente l’industrie et le commerce des vins dans l’Union européenne.
Or la directive européenne « Biocide 98/8 » a pour objectif d’identifier, de lister, d’évaluer et de retirer du marché des substances chimiques susceptibles d’être dangereuses pour l’environnement et l’homme. La législation communautaire impose donc une « évaluation technico-scientifique » sur l’efficacité et l’acceptabilité des risques pour la santé et l’environnement de l’utilisation du SO2, qui est en effet considéré comme produit biocide de « type 4 » dans le cadre de son utilisation comme désinfectant pour les contenants en bois - fûts, barriques,… Si cette évaluation scientifique n’est faite dans les temps, celui-ci est donc susceptible d’être interdit. Les produits correspondant étant les pastilles, les bougies et les mèches de soufre, précise le Ceev.
Or l’évaluation technico-scientifique sur son efficacité et ses risques n’a pas été réalisée en temps voulu, puisque la législation, entérinée en 2001, prévoyait dix années de transition pendant lesquelles le dossier devait obligatoirement être déposé. Les dix années étant écoulées, la Commission européenne est contrainte d’entériner l’interdiction du produit en tant que biocide. « Néanmoins, suite à la demande des organisations européennes de la filière en mai dernier et consciente du préjudice causé aux producteurs de vin, la commission est disposée dans le cadre d’une procédure exceptionnelle à recevoir un dossier d’évaluation de la substance en vue d’une levée de son interdiction », indique le Ceev. Le délai accordé de réception de ce dossier est de un an, reportant la décision en mai 2012, période pendant laquelle le produit pourra continuer à être commercialisé. Les professionnels européens du secteur ont donc un an pour se mobiliser et déposer un dossier. Celui-ci ayant un coût élevé, compris entre 350 et 500.000€, il fait actuellement l’objet d’une levée de fonds auprès de tous les acteurs concernés. Certaines organisations se sont immédiatement portées contributeurs et notamment en France - le Cniv, Comité National des Interprofessions de Vins à appellation d’origine et à indication géographique française, l’Union des œnologues de France et la Fédération française des tonneliers - au Portugal et par des fabricants de produits œnologiques (Oenoppia). "Cependant la mobilisation est encore insuffisante dans les autres pays européens concernés et ne permet pas encore à ce jour d’assurer le financement complet de cette opération", précise le Ceev. L’utilisation du SO2 comme additif n’est par contre pas remis en cause à ce jour.
Enfin, le SO2 est également au cœur de l’actualité technique, au travers des travaux de recherches et expérimentations en cours, menés par les interprofessions, l’Ifv, l’Inra, ou les Chambres d’agriculture, mais aussi des nombreuses conférences techniques consacrées à la réduction des doses de SO2 dans les vins. Autre sujet à l’étude : un groupe de travail national, piloté par l’Ifv, a été constitué avec de nombreux partenaires, afin de trouver des solutions alternatives à l’utilisation des sulfites. De nombreux travaux ont été réalisés sur des voies chimiques, biologiques ou physiques et sur leur intégration possible au sein d’un process. « Le projet entrepris vise à franchir une nouvelle étape dans la réduction de l’emploi de sulfites en œnologie, en passant de l’optimisation à la suppression, précise l’Ifv. Pour cela, toutes les alternatives éprouvées ou envisagées seront combinées de manière à préciser les limites d’une restriction sévère de l’emploi de sulfites en œnologie ».


