Observatoire Actualités

Restructuration du vignoble - Les plans collectifs locaux pour répondre aux attentes du marché

( Publié le 01/02/2013 à 14h48 )
Depuis la réforme de l'Ocm vin de 2008, les bassins viticoles ont la possibilité d'être aidés financièrement dans la modification de leur encépagement, si celui-ci ne répond plus aux attentes du marché. A l'instar du Languedoc-Roussillon, des vignobles français ont ainsi subi de profondes mutations ces dernières décennies.
Domaine viticole
Dans le cadre du nouveau programme pour les années 2014-2018, l'aide pour les plantations sera dotée
d’un budget de 500 millions d'euros. (© Terre-net Média)

1. Modalités d’octroi de l’aide pour les plantations 2012-2013 pour les plans collectifs locaux 2010-2011

Les conditions d’octroi de l’aide à la restructuration et à la reconversion du vignoble pour les plantations 2012/13 effectuées dans le cadre des plans collectifs locaux agréés au titre de la campagne 2010/11 (actions de restructuration retenues dans chacun des plans collectifs locaux, montant des aides allouées…) ont été arrêtées (arrêté du 3 janvier 2013).

La date limite de dépôt des demandes de paiement relatives aux plantations 2012/13 est fixée au 31 juillet 2014.

Ces dernières années, certains vignobles français ont pu se restructurer – c'est-à-dire arracher ou surgreffer pour implanter de nouveaux cépages – grâce à la mise en place d’aides européennes à la restructuration par FranceAgriMer. C’est notamment le cas de trois bassins viticoles, où des plans collectifs locaux (Pcl) ont été déployés entre 2008 et 2013. Le plus important a concerné – et de loin – le Languedoc-Roussillon, avec près de 6.070 ha de vignes restructurés en trois ans et 3.800 producteurs concernés (voir encadré 2). Ensuite, on trouve le bassin "Vallée du Rhône - Provence" avec 2.800 ha de vignes (1.850 producteurs concernés) et le Val de Loire 400 ha avec 174 producteurs concernés.

Dans le cadre du nouveau programme pour les années 2014-2018, cette aide à le restructuration, dotée d’un budget de 500 millions euros, va se poursuivre et d’autres bassins viticoles en bénéficieront à leur tour. La mesure sera élargie puisque deux nouvelles actions sont éligibles, en plus de la reconversion variétale par plantation ou surgreffage : la modification des modes de conduite ou de gestion du vignoble (changement de densité de plantation, mise en place ou adaptation de palissage, mise en place d'un système d’irrigation lors de la plantation), et enfin la relocalisation de vignobles.

Agréés par FranceAgriMer, tous les plans collectifs locaux comportent une année d’arrachage et deux années de plantation. Le plan collectif local, porté par une structure "porteuse", doit être équilibré au centiare près à la fin des trois années. Cette obligation sous-entend que tous les hectares arrachés doivent avoir été replantés. Pour les viticulteurs, il est possible de s’inscrire chaque année dans un nouveau plan.

2. Languedoc-Roussillon - Les chiffres de la restructuration : « Un encépagement profondément modifié » en 30 ans

Outre les surfaces arrachées, le vignoble du Languedoc-Roussillon a été marqué ces trente dernières années par une profonde modification de son encépagement. Une évolution en lien avec la politique européenne de restructuration et avec la volonté des viticulteurs de planter des cépages éligibles aux cahiers des charges des vins Aoc et Igp (de cépage) de la région. C’est ce qui ressort de la dernière enquête du Ssp* menée sur la période 1979-2010 : alors que les cépages traditionnels enregistrent un net recul, les cépages aromatiques progressent rapidement (voir graphique).

ff
Les cépages traditionnels du Languedoc-Roussillon en voie de disparition. Cliquez dessus pour agrandir.
 (© Agreste)

Sept cépages tradionnels ont perdu 260.000 ha depuis 1979 : Carignan (175.000 ha en 1979 => 32.000 ha en 2010), Aramon (de 57.500 ha à 1.300 ha en 2010), Cinsaut noir, Grenache blanc, Alicante, Macabeu et Terret blanc.

Six cépages ont vu leur superficie croître de 104.000 ha sur la même période : la Syrah est devenue le 1er cépage en superficie (40.000 ha) et un chiffre multiplié par 10 en 30 ans. La surface en Merlot a été multipliée par 12 et se situe en 2010 à 27.700 ha. Cabernet sauvignon, Chardonnay, Mourvèdre, Viognier et Sauvignon blanc sont aussi en croissance, mais de façon nettement plus atténuée.

Cas du Grenache noir : ce cépage a progressé entre 1979 et 2000 mais est en baisse depuis 10 ans : il est actuellement à un niveau proche de celui de 1988 : 38.100 ha

 

Source : Terre-net Média
Auteur : Juliette Cassagnes
N.B : *Service de la prospective et de la statistique du ministère de l'agriculture (bulletin Agreste janvier 2013)
Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


MessagerieMétéoForumAccès direct
PUB
Matériel d'élevage d'occasion
Sondage
OenotourismeSelon-vous, est-ce un potentiel de diversification de votre activité ?
Abonnement PRO