![]() "Laissons les régions agir de façon mature. Chaque filière doit financer son propre outil de recherche", a déclaré Michel Bernard, président de l'interprofession Inter Rhône lors d'une conférence de presse présentée le 14 mai sur les propositions des interprofessions face au plan de modernisation de la viticulture. (© Npetit) |
« Les solutions de financement de la recherche et développement telles que proposées dans le pré rapport sur le plan de modernisation de la viticulture sont inacceptables», dénonce Jean-Louis Salies, président du CNIV (Comité national des interprofessions viticoles). « Nous jugeons défavorables les propositions au ministre sur le financement de la recherche», complète Michel Bernard, président de l’interprofession Inter Rhône. « Elles révèlent un vrai paradoxe, les interprofessions seraient taxées pour un budget national et la nation redistribuerait une partie de ces cotisations. Aujourd’hui, on nous propose une situation de tutelle alors que toutes nos régions viticoles sont déjà organisées et financent environ 12 milliards € d’investissements. » D’autant qu’il existe déjà un organisme national qui collecte des taxes auprès des entreprises viticoles, le CASDAR, dont la cotisation récemment déplafonnée demande des efforts supplémentaires aux exploitations sur une base inéquitable de taxation et pour laquelle la filière réclame un plus juste retour devant un système qui manque fortement de lisibilité.
« On nous demande de faire remonter des fonds de nos régions. En réalité, il n’y a aucune raison que ceux qui investissent doivent mutualiser leurs fonds pour ceux qui n’investissent pas. Les interprofessions régionales proposent un schéma pour garder la maîtrise de leur recherche et développement », souligne Michel Bernard. « A Inter Rhône, notre budget recherche s’est élevé en 2007 à 2 millions € hors masse salariale. Il faut laisser chaque région prélever ce que ses professionnels peuvent fournir avec les moyens dont on décide de se doter. Laissons les régions agir de façon mature. Chaque filière doit financer son propre outil de recherche. »
Deuxième orientation qui sera totalement rejetée par les interprofessions régionales : la création d’une instance de gouvernance nationale. Le pré rapport évoque la création d’une interprofession nationale, en contradiction avec le transfert de responsabilités vers les régions ouvert par l’OCM. « Il est hors de question de créer ne interprofession nationale sur les vins à IGP, personne n’y siègera », affirme le président du CNIV, Jean Louis Salies. «L’utilité d’une interprofession nationale qui se verrait confier un pouvoir de décision contraire à une subsidiarité nécessaire ne fait aucune unanimité. »


