Observatoire Actualités

Plan d’aide viticulture - La "feuille de route" de Dominique Bussereau pour réformer la filière

( Publié le 10/04/2006 à 09h24 )
Le ministre de l’Agriculture a présenté la "feuille de route" qu’il propose à la filière viticole. Ce nouveau plan compte quelques mesures nouvelles comme le lancement d’une marque "France" à l’export, la disparition des AOVDQS ou la généralisation des techniques de désalcoolisation.

Une offre mieux adaptée aux attentes du marché, une stratégie efficace pour l’exportation, sans oublier la restructuration de la filière : par ces principaux points, la feuille de route que Dominique Bussereau propose pour réformer la viticulture ne se fait guère novatrice et s’inscrit dans la continuité des plans Gaymard de juillet 2004 et du premier plan Bussereau de janvier 2005. Elle est pourtant inspirée du rapport du préfet Pomel écrit à partir des discussions en cours dans les bassins de production.

Le ministre évoque de nouveau la "nécessité" de rendre plus simples et plus "efficaces" les procédures d’agrément et de contrôle et indique qu’il a été décidé de les modifier avant la campagne 2006/2007. L’assouplissement des conditions de production pour les appellations d’origine régionales, les vins destinés à l’export et les vins de pays est une fois encore préconisé : le ministre indique que l’utilisation des copeaux, autorisée par l’Union européenne fin 2005, sera "prochainement traduite dans la réglementation nationale".

Deux mesures nouvelles sont toutefois à signaler concernant la réforme de l’offre de vins : la "généralisation" des techniques de désalcoolisation "sans pour autant toucher à la définition du vin", et l’orientation de chaque AOVDQS vers une AOC ou un vin de pays. La généralisation des techniques de désalcoolisation va conduire à sortir ces opérations du champ de l’expérimentation. Mais si actuellement de plus en plus de producteurs sont intéressés par ces techniques, les vins allégés en alcool peinent encore à trouver leur public. Quant à la disparition annoncée des AOVDQS, des propositions doivent être faites d’ici un an par les comités régionaux de l’Inao. La mesure a pour but d’améliorer la lisibilité de l’offre en supprimant une catégorie qui ne représente en fait que peu de volumes à l’échelle nationale et qui constitue souvent pour des appellations une "antichambre" vers une AOC.

12 millions pour l’export

Autre point nouveau annoncé dans la "feuille de route" du ministre : le lancement d’une marque et d’un logo "France". "Les négociants qui exportent des volumes significatifs considèrent que ce label peut contribuer utilement à la promotion de certaines marques et de certains produits : une telle marque est déposée et appartient à Viniflhor (ex-Onivins, NDLR). Il est décidé sa réactivation avec les interprofessions et le négoce qui établiront les conditions de sa certification", indique le ministère. Un nouveau crédit de 12 millions d’euros est annoncé pour la promotion des vins français sur les marchés étrangers. Pour rendre plus efficace la stratégie française à l’export, le ministre préconise "des études approfondies de marché" et "la création de produits et de marques adaptés".

Par ailleurs, le plan annonce une enveloppe de 38 millions d’euros pour des aides d’urgence et rappelle les 40 millions déjà engagés par le gouvernement pour des prêts de consolidation. Dominique de Villepin avait quant à lui annoncé le 23 mars le déblocage d'une "enveloppe complémentaire de 90 millions d'euros". Le ministre de l’Agriculture appelle les bassins de production à proposer un plan de restructuration.

De "l’intérêt" de la distillation

Dominique Bussereau conditionne la réussite de son "pacte viticole" à l’assainissement du marché actuel : il a demandé à la Commission européenne une distillation "exceptionnelle" de 2 millions d’hl d’AOC et de 2 millions d’hl pour les vins de pays et les vins de table. Alors que la campagne de distillation de 2005 n’a pas rempli ses objectifs en terme de volumes, le ministre rappelle l’"intérêt général évident" de la distillation et annonce la création d’un conseil national de la viticulture française, chargé de coordonner les propositions des bassins. Ce conseil devra proposer avant le 1er juillet les conditions de réalisation de la campagne 2006/2007. Au vu notamment des dispositions prises pour la distillation, "le gouvernement arrêtera une indication pour le niveau des rendements par segment de marché".

Pour Christian Paly, président de la Cnaoc, la "feuille de route" de Dominique Bussereau va "globalement dans le bon sens, notamment sur l’aspect conjoncturel, il fallait que ce soit mis à plat, même si les fonds ne seront peut-être pas suffisants. Concernant la distillation, la mesure s’impose mais la réussite sera conditionnée à une meilleure incitation financière. Une marque France pour l’export me paraît une bonne chose mais reste à savoir quels moyens seront mis sur cette marque. Quant à la création d’un conseil national de la viticulture française, si un arbitrage est nécessaire pour coordonner les bassins, je trouve qu’on meurt un peu des comités ‘Théodule’ et des commissions ‘Théodore’. Nous aurions plutôt vu cela au sein de l’Inao".

Quant à l’orientation de chaque AOVDQS vers une AOC ou un vin de pays, le président du syndicat du Gros Plant du pays nantais, première AOVDQS française, Jean-Marc Ferré, estime "que la plupart des AOVDQS monteront en AOC, beaucoup ont des dossiers bien ficelés. Un passage en vin de pays s’apparenterait à un déclassement, alors qu’avec les AOC, les contraintes de production sont sensiblement les mêmes. Mais nous, nous ne serions plus les plus grands dans notre petite cour."

Source : Terre-net
Auteur : Ligérienne de presse
Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


MessagerieMétéoForumAccès direct
PUB
Matériel d'élevage d'occasion
Sondage
Comptez-vous vous rendre sur les salons de rentrée (Innov-Agri, Space, Sommet de l'élevage...) ?
Abonnement PRO