S'il y a « un accord général sur la nécessité d'une réforme en profondeur », les Etats membres divergent sur les modalités de cette réforme, a résumé lors d'une conférence de presse le ministre finlandais Juha Korkeaoja, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. « Les principaux pays producteurs affirment leurs positions à ce stade » des discussions, a commenté de son côté la commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel.
« L'arrachage ne fait pas l'unanimité »
Les 25 débattent depuis juin de la réforme du secteur du vin proposée par la Commission pour mettre fin à une surproduction chronique et riposter à la concurrence des vins dits du Nouveau monde (Australie, Chili etc.). Sur les questions clés de la réforme, comme l'arrachage des vignes pour diminuer la production, les pratiques oenologiques (ajout de sucre, de copeaux de bois, usage du moût...), ou la simplification de l'étiquettage des vins, aucune majorité ne s'est dégagée parmi les Etats membres, ont indiqué des sources communautaire et diplomatique. « L'arrachage ne fait pas l'unanimité » et « tous les Etats membres sont opposés à l'importation de moût », a reconnu Mme Fischer Boel.
L'un des scénarios de la Commission proposait d'arracher en 5 ans 400.000 hectares de vignes, soit près de 12 % des 3,4 millions d'hectares cultivés dans l'UE, moyennant une compensation de 2,4 milliards d'euros aux viticulteurs. Cette proposition scandalise la profession. « J'ai le sentiment que plus personne ne parle de la proposition (initiale) de la Commission », a estimé le ministre français de l'Agriculture Dominique Bussereau, lors d'un entretien avec des journalistes en marge du conseil. « La Commission a mis de l'eau dans son vin », a-t-il ajouté. L'adoption éventuelle d'une réforme du secteur vinicole n'est désormais pas attendue avant le printemps 2007.


