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La technique consiste à creuser un trou de 6 mètres de diamètre et de 2 à 2,5 mètres de profondeur jusqu'à parvenir au substrat qui se trouve sous les roches volcaniques. Depuis, chaque année, les viticulteurs obtiennent des vins uniques: blanc sec, demi-sec ou moelleux, du vin rouge et du moscatel, à partir de cépages de malvoisie principalement, mais aussi listan noir ou muscat. Mais cette année, l'ambiance est morose à Lanzarote. Les aléas climatiques et les maladies ont perturbé la production. La récolte de raisin s'annonce comme la plus basse depuis 70 ans sur cette île de l'océan Atlantique. Elle ne devrait pas dépasser les 450.000 kilos contre 1,5 million de kilos l'année dernière ou les 2 à 3 millions d'autres récoltes, selon le Conseil de régulation vinicole de Lanzarote. « Les températures élevées de l'hiver dernier », les « attaques de différentes maladies » et la « vague de chaleur » du mois de juin, sont les raisons principales de la baisse de la production, selon le président du Conseil de régulation, Javier Betancort.
Le mauvais temps a aussi retardé les vendanges, les premières en Europe, qui ont traditionnellement lieu fin juillet mais se déroulent cette année en août. « Progressivement, le temps est de plus en plus instable à cause du changement climatique », souligne Alejandro Besay Felipe, oenologue à la Bodega de La Geria. Et la baisse de la production « va avoir des répercussions conséquentes sur les ventes », selon Ramon Melian, gérant de la Bodega La Geria, qui explique que les efforts commerciaux ont pourtant été multipliés ces dernières années pour rendre le vin de Lanzarote connu au-delà des Canaries. « Nous allons perdre tout le marché que nous avions conquis », se lamente M. Melian. Le prix du kilo de raisin a d'ores et déjà augmenté, à environ 2 euros contre 1,30 euro l'année dernière, selon M. Betancort.
Une bouteille de vin de La Geria se vend actuellement environ 6 euros, mais le Conseil de régulation envisage une hausse des prix. « Nous estimons que notre vin ne se vend pas assez cher », selon M. Felipe. Le vin de La Geria est pour l'instant vendu localement à 80 %, principalement aux quelque 300.000 touristes, surtout étrangers, qui visitent chaque année la Bodega. Le reste de la production est exporté. « On a des vignobles uniques au monde et on doit leur donner toute la valeur qu'ils méritent, pour que les viticulteurs continuent », poursuit-il.


