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AO et AOC - La segmentation de l’offre des vins d’appellation adoptée par l’Inao
( Publié le 15/06/2006 à 09h58 )
Le Comité national des vins de l’Inao s’est prononcé pour la segmentation de l’offre des AOC en deux catégories : les AOC et les AO, les “vins de rêve” et les vins plaisir” selon René Renou. Une commission d’experts indépendants rendra des avis consultatifs concernant les appellations où le choix pour l’une ou l’autre catégorie sera difficile.

 


Des critères stricts de production relatifs à un lien fort au terroir pour les uns ...(© Viti-net)
Il y a deux ans, la proposition de René Renou d’une appellation d’origine contrôlée d’excellence (Aoce) avait été accueillie plutôt fraîchement par la filière. L’idée de cette Aoc E basée sur des conditions plus strictes que les Aoc et ouverte aux grands crus et aux “vins de luxe”, tandis que des Aoc “basiques” concerneraient des vins plus faciles d’accès et aux règles plus souples, avait laissé sceptiques nombre de professionnels. Depuis, la crise s’est aggravée et le temps a passé. Et la situation a évolué : lors de sa session des 1er et 2 juin, le Comité national des vins de l’Inao a adopté à une forte majorité et avec le soutien du gouvernement une segmentation de l’offre des Aaoc rappelant fortement la proposition de son président lancée en 2004.

Vins de rêve pour les Aoc, vins plaisirs pour les AO

Pour l’Inao, “le cadre juridique souhaité par le Comité national permettra de développer la commercialisation des Aoc en segmentant leur offre en deux catégories : la première répondant à des critères stricts de production relatifs à un lien fort au terroir, une notoriété établie alliée à des facteurs humains et naturels. Il sagit des vins jouissant actuellement d’une forte valeur ajoutée. Et une seconde, plus souple, qui se mettra en place en concertation avec la filière, permettant notamment d’utiliser de nouvelles technologies, afin de répondre aux besoins de la production d’accroître sa compétitivité sur le marché international”.

René Renou appelle depuis longtemps à “une remise en ordre basée sur les données du marché”. La segmentation adoptée par le Comité national de l’Inao distingue d’une part “des vins de rêve, les Aoc, dont la logique économique reste traditionnelle, et des vins plaisir, faciles à boire, les AO, explique René Renou. Dans tous les cas de figure, les exigences de qualité seront strictes. Le principe est d’assurer la sécurité du produit, mais aussi sa compréhension. Du confort du producteur, on doit se tourner désormais vers le confort du consommateur, jusqu’ici plutôt ignoré, en clarifiant notre offre.”


Des vins plus faciles d’accès et aux règles plus souples pour d'autres (© Viti-net)
Le choix de l’une ou l’autre catégorie devrait se faire au sein des syndicats à la majorité simple : “l’Aoc repose sur le principe de l’excellence et l’AO sur celui de l’assouplissement. Si les producteurs veulent relâcher les règles, une majorité simple doit suffire", indique le président du Comité national des vins, qui n’abandonne pas par ailleurs l’idée des “sites et terroirs d’excellence” qu’il avait lancée il y a deux ans. “Dans les AO, existeront les règles habituelles des Aoc. Mais un viticulteur d’une AO pourra exprimer son souhait de respecter des règles plus strictes et il faut que ces producteurs soient distingués.”

“Des levées de boucliers”  à prévoir

Si dans un certain nombre d’appellations, notamment les plus prestigieuses, le choix d’une orientation devrait se faire sans trop de difficultés, d’autres syndicats vont en revanche avoir plus de difficultés à opter pour une direction ou une autre. “Pour ces appellations au milieu du gué” que René Renou chiffre à “une centaine”, une commission de classement doit rapidement être mise en place d’ici septembre : “Ce seront des experts hors comité national, hors profession, des spécialistes en œnologie, terroirs, histoire des Aoc, ainsi qu’un membre des médias qui représentera les consommateurs. Ils pourront dire si telle appellation est plutôt AO ou Aoc et leur avis sera validé ou non par le comité national”.

René Renou se prévaut du soutien du ministère de l’Agriculture, d’un certain nombre de régions et du négoce. Mais il s’attend bien sûr à des “levées de boucliers ici ou là” de la part de certains, hostiles à un système d’Aoc à deux vitesses ou perplexes quant au maintien d’une catégorie vin de pays si la réforme aboutit. Du côté de l’Inao, on assure qu’un travail sera mené avec l’ensemble de la filière, notamment les représentants des vins de pays. En tout état de cause, la segmentation de l’offre des Aoc ne devrait pas être mise en œuvre à court terme, d’autant que les débats sur la réforme de l’Ocm sont en cours et que la France est entrée en période pré-électorale.

Source : Terre-net
Auteur : Ligérienne de presse
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