![]() Des critères stricts de production relatifs à un lien fort au terroir pour les uns ...(© Viti-net) |
Vins de rêve pour les Aoc, vins plaisirs pour les AO
Pour l’Inao, “le cadre juridique souhaité par le Comité national permettra de développer la commercialisation des Aoc en segmentant leur offre en deux catégories : la première répondant à des critères stricts de production relatifs à un lien fort au terroir, une notoriété établie alliée à des facteurs humains et naturels. Il sagit des vins jouissant actuellement d’une forte valeur ajoutée. Et une seconde, plus souple, qui se mettra en place en concertation avec la filière, permettant notamment d’utiliser de nouvelles technologies, afin de répondre aux besoins de la production d’accroître sa compétitivité sur le marché international”.
René Renou appelle depuis longtemps à “une remise en ordre basée sur les données du marché”. La segmentation adoptée par le Comité national de l’Inao distingue d’une part “des vins de rêve, les Aoc, dont la logique économique reste traditionnelle, et des vins plaisir, faciles à boire, les AO, explique René Renou. Dans tous les cas de figure, les exigences de qualité seront strictes. Le principe est d’assurer la sécurité du produit, mais aussi sa compréhension. Du confort du producteur, on doit se tourner désormais vers le confort du consommateur, jusqu’ici plutôt ignoré, en clarifiant notre offre.”
![]() Des vins plus faciles d’accès et aux règles plus souples pour d'autres (© Viti-net) |
“Des levées de boucliers” à prévoir
Si dans un certain nombre d’appellations, notamment les plus prestigieuses, le choix d’une orientation devrait se faire sans trop de difficultés, d’autres syndicats vont en revanche avoir plus de difficultés à opter pour une direction ou une autre. “Pour ces appellations au milieu du gué” que René Renou chiffre à “une centaine”, une commission de classement doit rapidement être mise en place d’ici septembre : “Ce seront des experts hors comité national, hors profession, des spécialistes en œnologie, terroirs, histoire des Aoc, ainsi qu’un membre des médias qui représentera les consommateurs. Ils pourront dire si telle appellation est plutôt AO ou Aoc et leur avis sera validé ou non par le comité national”.
René Renou se prévaut du soutien du ministère de l’Agriculture, d’un certain nombre de régions et du négoce. Mais il s’attend bien sûr à des “levées de boucliers ici ou là” de la part de certains, hostiles à un système d’Aoc à deux vitesses ou perplexes quant au maintien d’une catégorie vin de pays si la réforme aboutit. Du côté de l’Inao, on assure qu’un travail sera mené avec l’ensemble de la filière, notamment les représentants des vins de pays. En tout état de cause, la segmentation de l’offre des Aoc ne devrait pas être mise en œuvre à court terme, d’autant que les débats sur la réforme de l’Ocm sont en cours et que la France est entrée en période pré-électorale.