![]() Laurent Rousseau a été élu meilleur espoir du vin 2002 par la Revue du Vin de France, un trophée qui récompense le domaine pas seulement sur la qualité des vins et leur élevage mais également le travail des vignes. (© Vignoble Rousseau) |
Laurent Rousseau, trophée du vigneron 2006 et jeune successeur des vignobles Rousseau implantés à Abzac dans le Bordelais, a été conquis par la technique du bambou assainissement proposé par la société Phytorem. Son respect intégral de l’environnement l’a séduit. Sans avoir l’âme bio ni écolo, le vigneron a adopté une démarche globale de respect de l’environnement sur l’exploitation qui se manifeste par exemple par l’utilisation de bouchons naturels (non péroxydés) et l’emploi de bouteilles recyclées. Le traitement par les bambous des effluents vinicoles s’intègre dans « technique philosophique ». « Mais le paramètre financier a également été déterminant, c’est un critère fondamental dans notre zone géographique», témoigne Laurent Rousseau.
Une plantation à vie
« La plantation de bambous est un investissement que l’on réalise une fois pour toutes dans sa vie, l’entretien est quasiment nul, la consommation électrique négligeable, pour un coût 30 à 35% inférieur aux autres solutions. Or cette technique est la seule, à ce jour, qui exporte réellement la matière polluante. L’alternative principale qui nous est proposé produit des boues qui doivent être détruites par incinération et sont finalement réintroduites dans la chaîne alimentaire. J’ai choisi cette technique parce qu’elle répondait à mon désir d’installer un mode d’épuration durable, pérenne, sans rejet et complètement propre. »
« Les principales alternatives à notre disposition nécessitent la construction de bassins bétonnés dont la durée de vie n’est que de 20 ans », souligne le vigneron. « Et en cas de souci électrique ou d’un arrêt d’alimentation, il faut réensemencer, sans compter le rejet. »
![]() Laurent Rousseau a repris la succession d’une propriété depuis plusieurs générations dans la famille Rousseau. Le domaine de 47 ha vinifie et commercialise lui-même ses productions, qui couvrent 4 appellations : Pomerol (0,53 ha), Lalande de Pomerol (2,2 ha), Lussac Saint Emilion (2,7 ha) et Bordeaux Supérieur (27 ha). (© Vignoble Rousseau) |
Déjà opérationnelle dans plusieurs domaines dans le sud est de la France et de la Champagne, cette technique d’assainissement par le bambou sera la première à s’implanter dans la Gironde. Aussi l’Agence de l’eau, qui a pourtant validé la technique au plan national, souhaite enregistrer ses propres références. Un suivi expérimental sera réalisé de concert par les conseils général et régional, la Chambre d‘agriculture de la Gironde et l‘Agence de l‘eau. Le viticulteur a choisi de tirer profit de cette expérimentation en proposant de tester également l’épuration des eaux de rinçage des pulvérisateurs. « De mon côté, le dossier avec l’entreprise Phytorem est finalisé, nous attendons l’accord des agences de l’eau et j’espère que l’installation sera visitable pour les prochaines vendanges. »
Si encore un faible pourcentage de propriétés sont équipées pour traiter les effluents vinicoles, Laurent Rousseau garde à l’esprit que « le traitement des effluents sera un paramètre important pour avoir droit à l’agrément dans le futur. Le système d’agrément des vins est en train de changer profondément et il est certain que le retraitement de tous nos déchets sera au premier plan. Mais il faut voir que l’apparition de cette technique arrive dans un contexte de crise pour la profession viticole, aussi je regrette que le taux de subvention ne soit pas très supérieur. L’investissement que nous faisons profite à l’ensemble de la société. »