Face aux principales solutions existantes de traitement des effluents vinicoles qui nécessitent un certain bétonnage et posent le problème de la gestion des boues, les viticulteurs ont à leur disposition une alternative végétale : confier le traitement de leurs effluents à une plantation de bambous. Ces végétaux vont épurer à plus de 99% les polluants présents dans les effluents et restituer à l’environnement une eau propre. Ils sont capables de prélever dans les effluents les métaux lourds en présence, question à laquelle se heurtent toutes les autres techniques, y compris de l’épandage sur les terres agricoles, qui a longtemps été la seule possibilité.
![]() A la différence de la phytorémédiation classique où la plante est là pour aérer les sols et permettre aux micro organismes de s’y développer, le bambou a cette qualité supplémentaire de faire remonter la pollution dans la plante et précisément dans le chaume, qui sera ensuite exporté. Les feuilles, qui ne stockent pas les polluants, peuvent rester au sol et être naturellement dégradées sans générer de pollution. (© Phytorem) |
40 à 60% de l'eau polluée pompée par le bambou
« Tous types de polluants ont été testés et leur devenir a été précisément suivi en fonction des sols et des espèces de bambous», précise Alain Weill, directeur du développement de la société Phytorem. « Ces expérimentations ayant permis de s’assurer que la totalité de la pollution ait disparu, la technologie a été validée au plan technique. L’Agence de l’eau ayant également donné son aval, la méthode Bambou assainissement est subventionnable à hauteur de 40%. »
Les effluents déversés dans la plantation sont intégralement dépollués. Un double mécanisme entre en jeu, grâce aux qualités intrinsèques du bambou. « Selon les caractéristiques du climat local, entre 40 et 60 % de l’eau porteuse des effluents va être directement pompée par le bambou et libérée par évapotranspiration », explique le responsable. « Nous avons vérifié que la fraction restante, l’eau d’infiltration soit également propre, et c‘est le cas. La qualité des eaux d’infiltration qui retournent au sol est celle d’une nappe phréatique, totalement débarrassée de la pollution organique et inorganique. » Parce qu’elle a été traitée par les micro organismes présents dans le système racinaire du bambou.
« Le développement de sa masse racinaire est colossal et colonise seulement les 30 premiers centimètres car l’oxygénation lui est cruciale. Les microorganismes traitent les polluants et cela se fait en deux heures. »

Les micro organismes présents dans la masse racinaire colossale et très aérée du bambou assurent une dégradation des polluants responsable de la qualité des eaux d’infiltration, qualité vérifiée et attestée par l’Agence de l’eau. (© Phytorem)
Cette méthode d’assainissement apporte alors une réponse à une question jusque là insoluble, à savoir la gestion des boues. Dans les mécanismes classiques d’assainissement, la boue est une hantise et d’autant plus en viticulture où elle contient des métaux lourds tels que le cuivre qui rendent normalement l’épandage impossible.
« Le bambou assainissement se révèle également une solution économique, car cette méthode est en moyenne 30% moins chère qu’une technique d’assainissement classique des effluents», précise Alain Weill. « C’est assez rare pour être souligné, lorsqu’une technologie totalement écologique est moins chère qu’une technologie traditionnelle. »