Les ambitions sont faites pour être dépassées. La filière vin chilienne misait jusqu’ici sur un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars à l’export à l’horizon 2010. Elle table aujourd’hui sur 1,4 milliard. Pour réaliser cet objectif, les exportations de vins chiliens devront croître de 6 à 9 % par an, une croissance largement à leur portée si l’on juge du bond des ventes à l’export en 2004 : +24%, à 835 millions de dollars ! Le Chili vend à l’export 66% de ses vins en volume, et 80% en valeur. Longtemps considérés comme les vins bas de gamme de l’Amérique latine, les vins chiliens se sont ces dernières années construit une image plus positive qui a déjà bien porté ses fruits. Il faut dire que le Chili s’est donné les capacités de ses ambitions en mettant en œuvre en 2002 un plan stratégique industriel, qui prévoyait notamment que les entreprises soient présentées à l’export sous une image rénovée et collective.
Dans ce but, un nouvel organisme de promotion, Vinas de Chile, a été créé à partir de deux associations de producteurs. La nouvelle organisation a décidé de promouvoir les vins haut de gamme et les a associés à des notions comme l’amitié, la famille, l’émotion, le naturel ou encore la sensualité. Un vaste programme destiné à séduire avant tout l’Allemagne, les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni. Vendu dans 80 pays et pesant 6% du marché mondial du vin, le vin chilien en vient à concurrencer les vins français en Grande-Bretagne et en Allemagne et se conjugue désormais avec qualité. En moins de 10 ans, la production de vins de qualité est passée au Chili de 380 à 630 millions de litres. La production de vins d’appellation a progressé de 15% par rapport à 2004.
Cette orientation qualitative s’est accompagnée d’une volonté d’une différentiation et d’une personnalisation des vins du Chili, notamment par le développement des vins d’assemblage. Le Chili compte plusieurs variétés de cépages d’origine française, apportés et implantés dans le pays à partir du milieu du XIXe siècle. Profitant de cette palette, les producteurs chiliens marient désormais beaucoup de vins à dominante de cabernet sauvignon à du cabernet franc, à du petit-verdot, le cépage typique du Médoc, ou encore à du carmenère, quasiment disparu en Bordelais mais revenu à la mode au Chili depuis 10 ans. La syrah et le carignan sont eux aussi appréciés et utilisés avec talent. Les vins du Chili, particulièrement les rouges, ont ainsi gagné en complexité et en arômes. Les vins de qualité supérieure ou premium rouges et dans une moindre mesure blancs, produits par les grandes maisons chiliennes (où sont présents des investisseurs européens et notamment français) obtiennent régulièrement de très bonnes notes dans les revues spécialisées. De quoi rendre encore plus confiants les professionnels chiliens, qui viennent d’annoncer une production record d’environ 788 millions de litres, en hausse de 25% par rapport à 2004.
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