 Le consommateur anglo-saxon n'a pas les mêmes goûts que le consommateur français. Le profil du vin doit donc être parfaitement connu grâce à l'analyse sensorielle, pour proposer un vin en adéquation avec le marché. (© JC) |
Chaque marché, type de consommateur ou pays, a sa spécificité, ses attentes, qui sont totalement différentes. Exemple: pour un vin donné, ce qu’un consommateur anglais appréciera ne sera pas la même chose qu’un consommateur français. C’est ce que Laurent Dulau, Vinidea, appelle la «
qualité relative ». «
Prenez par exemple un cabernet sauvignon, vendu à 5€ en France et au Royaume-Uni. Le consommateur anglo-saxon n’aura pas du tout les mêmes attentes en terme de qualité que son homologue français ». Alors que le premier fait plutôt partie d’un «
nouveau marché », le second appartient à un marché «
plus traditionnel ». Alors qu’en France, le consommateur traditionnel appréciera plus l’acidité que la sucrosité d’un vin, qui est signe de «
lourdeur » voire de «
défaut », la qualité pour le consommateur britannique rimera avec une acidité moindre et plus de sucrosité.
De la même manière, la pyrazine, arôme caractéristique du cépage cabernet sauvignon, sera apprécié différemment au Royaume-Uni ou en France. Son goût, qui s’apparente à celui du poivron vert, est bien apprécié par le consommateur traditionnel français ; le consommateur anglo-saxon dira : « c’est « vert », je n’aime pas ! ». Il y a en effet des nuances entre l’arôme poivron vert trop « vert » et l’arôme poivron vert « mûr » explique le consultant. « On cherchera donc pour le marché du Royaume-Uni à produire un vin en conséquence, avec des notes de pyrazine plus fruitées et moins herbacées, en récoltant par exemple le raisin avec une plus grande maturité ». C’est ce que Laurent Dulau appelle « l’objectif produit », trop souvent « mis de côté dans les approches marketing » : il s’agit simplement de faire un vin qui correspond à un marché.
Connaître avec rigueur les caractéristiques organoleptiques de son vin, ou celui des autres...
Pour mesurer cette « qualité relative » : l’analyse sensorielle. Parmi les méthodes existantes, « l’analyse sensorielle descriptive quantifiée », ou « Asdq », «déjà largement utilisée en agro-alimentaire par des grands industriels, mais ne l’est pas du tout pour le vin », précise Laurent Dulau. Cette méthode rigoureuse et objective est actuellement développée par l’Icv (Institut coopératif du vin). « Elle permet de faire une dégustation extrêmement rigoureuse, où l’on utilise les sens d’une manière très contrôlée, non pas comme lors de dégustations d’agréments un peu hédonistes ».
L’intérêt pour le viticulteur : suite à cette analyse, le viticulteur connaît précisément les caractéristiques organoleptiques de son vin. Il est ainsi à même de produire un vin respectant des qualités organoleptiques, en adéquation avec « l’objectif produit » correspondant à un marché. « Mais il peut aussi se comparer aux autres, en testant par exemple un vin qui est connu pour être leader sur un marché ».
Juliette Cassagnes
Source : Viti-net
NB : Extrait de l'atelier Sitevi, « Les clés du succès en France et au Royaume-Uni : qualité relative et marketing mix », organisé par Vinidea, jeudi 29 novembre à 11h, hall 11.
pour en savoir plus :