![]() “Une de voies de réduction des émissions de gaz à effet de serre est de raisonner ses itinéraires techniques en limitant les interventions sur les parcelles”, explique Sébastien Kerner (© Viti-net) |
Au delà de la préservation de l’environnement, les opérateurs ont aussi conscience du potentiel marketing d’un Bilan Carbone®, à l’heure où “l’écologiquement correct” est très porteur. En Grande-Bretagne, la chaîne de distribution Tesco prévoit de créer une “étiquette carbone” pour ses produits alimentaires, dont les vins. En France, Casino a l’intention de l’imiter.
Mais la méthode Bilan Carbone® peut “également être utilisée comme outil d’aide à la décision en matière d’investissements ou de comparaison d’itinéraires techniques”, indique Sébastien Kerner, de l’IFV d’Epernay, intervenant lors du colloque viticole annuel de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher. Chaque exploitations a toutefois ses caractéristiques propres : la méthode ne peut donc être considérée comme un “outil de notation”.
L’IFV a étudié cinq domaines produisant des vins issus exclusivement de leurs propres vignobles. “Les résultats obtenus pour chacun des cinq domaines montrent de grandes disparités, liés à la typologie même des exploitations (taille, zone géographique, couleur des vins produits, rendements, itinéraires techniques...)”, explique Sébastien Kerner. Les résultats pour un Bilan Carbone® en kg équivalent CO2 par hl vont de 120 à 171.
Le calcul d’un Bilan Carbone® est l’occasion de mettre à plat toutes les pratiques réalisées au vignoble et au chai et de voir le cas échéant des sources d’économies de carbone, et souvent d’économies tout court. Ce passage en revue peut aussi permettre d’améliorer sa façon de travailler et de gagner du temps.
“Une de voies de réduction des émissions de gaz à effet de serre est de raisonner ses itinéraires techniques. Limiter les interventions sur les parcelles revient à diminuer les quantités de phytos et les consommations de carburant du tracteur ”, explique Sébastien Kerner. “On peut aussi récupérer et valoriser en chaudière les bois de taille, optimiser l’isolation des chais, privilégier les barriques dont le bois est un puits de carbone, préférer l’azote au dioxyde de carbone pour l’inertage des équipements de vinification.” D’autres choix sont également indiqués : biocarburants, piquets en bois plutôt qu’en acier galvanisé, bouchon liège plutôt que bouchon synthétique ou capsule vis. En matière de logistique, l’optimisation des expéditions et les transports par bateau ou train sont préconisés, tout comme l’allègement du poids des bouteilles. En Champagne, on réfléchit ainsi à l’adoption d’une bouteille plus légère.


