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Château Vent d’Autant, Saint Matré (46), viticultrice Anne Godin
Superficie : 2,5 ha dont 2 ha en AOC Cahors et 0,5 ha de vin blanc
Encépagement AOC Cahors : 75% de Cot et 25% de Merlot
Rendement moyen sur plusieurs années : 40 à 45 hl
Domaine en agriculture biodynamique depuis 1991
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Extraits du cahier des charges vinification de la marque internationale Demeter, garantissant l’origine agriculture biodynamique * Aucun ajout pour la vinification, l’élevage et la conservation
* les levures garanties sans OGM dans le cadre des prises de mousse des vins effervescents * agents de collage : blancs d’œuf Demeter ou bio dans la limite de la législation, bentonite avec certificat de pureté vis-à-vis de la dioxine et de l’arsenic. * charbon végétal pour les vins effervescents * alcool Demeter ou bio pour mutage des vins doux naturels |
Concernant l’utilisation du souffre, celle-ci n’est pas interdite par le cahier des charges Demeter, qui fixe les doses maximales possibles en mg/litre (voir encadré). « Aujourd’hui, mes doses totales ne dépassent pas 20-28 mg/l mais je teste sans souffre cette année pour la première fois. D’autres que moi y parviennent. »
La motivation pour Anne est de toujours aller dans le sens de la conservation et si possible le renforcement des qualités des raisins issus de la biodynamie. « L’interventionnisme œnologique est une réponse exactement proportionnelle aux déficiences de la vendange », estime Pierre Paillard. Cela ne veut pas dire que le vigneron y soit pour rien.
Le vinificateur doit exprimer à l’optimum le potentiel de sa vendange. « Dans ce cahier des charges, nous avons défini un idéal de vin que nous souhaitons obtenir. Il sert autant d’apprentissage. Il nous conduit à échanger entre nous, à partager notre savoir-faire. C’est très formateur. Tous les viticulteurs en biodynamie ne peuvent pas produire un vin qui réponde aux exigences du cahier des charges Demeter ». L’interdiction du recours à la machine à vendanger est, à elle seule, très sélective. « Sur mon domaine, j’ai utilisé par le passé la machine à vendanger. Je m’en passe aujourd’hui parce que j’ai une petite surface (2,5 ha) et que j’ai réussi à trouver du personnel. Je concède à la machine à vendange l’intérêt de rentrer très vite la vendange dans le chai mais elle cause aussi beaucoup de dégâts à la vigne elle-même. Aujourd’hui, mes vignes de Cot et de Merlot sont taillées en Guyot mais ce que je vais replanter sera taillé selon la méthode gobelet, aussi autorisée dans l’appellation Cahors. La plante n’est plus tenue par un palissage, c’est plus agréable à vendanger manuellement et le rendement est naturellement plus faible. »
![]() Le Château Vent d’Autan dispose du seul chai bioclimatique existant en France, construit selon les principes de Philibert de l’Orme (© Viti-net) |
En cave, la thermorégulation est, elle aussi, réduite à son strict minimum. Car les bâtiments jouent un rôle tout à fait particulier. A ce titre, Anne Godin dispose d’un chai unique, le seul chai bioclimatique de France élaboré selon les principes architecturaux de Philibert de l’Orme. « Cette conception génère un phénomène de climatisation naturelle sans avoir recours à l’électricité », explique la vigneronne. L’isolation du chai est assurée par un mortier de chanvre, lequel ne sera définitivement sec qu’au bout de 20 ans. Une circulation d’air s’effectue entre le chanvre et les tuiles du chai pour assurer le refroidissement en été et le réchauffement en hiver. Il est de forme arrondie connue pour bien convenir au vin.
Anne vinifie dans des cuves en inox qu’elle refroidit un petit peu pour maintenir une température de 27-28°C et dans des foudres de chêne où le vin se contrôle tout seul. Dans le chai, elle travaille en jour fleur (selon le calendrier de la biodynamie). « J’ai constaté que c’était toujours favorable au parfum du vin. Finalement, je produis un vin à l’écart des médailles des concours mais qui procure beaucoup de plaisir aux consommateurs vu les témoignages fréquents que je reçois régulièrement des clients. »
60% de la commercialisation est réalisée en vente directe directement au caveau ou sur les salons. Mais depuis quelques années, Anne constate la récession qui touche aujourd’hui le secteur viticole, aussi bien chez les consommateurs que chez les vignerons, marquée par l’absence de nouvelles générations arrivantes. « Depuis 2001, nous avons bien subi les effets d’une récession, qui me paraît à la fois liée aux événements de septembre 2001 et aux effets de l’euro sur le pouvoir d’achat. Aujourd’hui, il ne faut pas se lancer dans la viticulture si l’on n’a pas par avance pensé et construit sa filière, son marché. »


