Observatoire Vigne et Vin

Prophylaxie - Lutter contre l'esca par le surgreffage ?

( Publié le 30/04/2010 à 10h00 )
Le surgreffage permet de renouveler des vignes plus rapidement qu'une replantation. La technique peut aussi se pratiquer sur des ceps atteints d’esca. La Sicavac à Sancerre préconise dans ce cas le surgreffage en fente.

Les avantages du surgreffage par rapport à une replantation sont connus. « Il s’agit d’un moyen puissant et rapide d’adapter son vignoble au marché » indique l’Institut français du vin. Le surgreffage permet de changer de cépage, moyennant une seule perte de récolte, en conservant l’enracinement existant de la vigne et donc le gain qualitatif permis par ce système racinaire en place. Il a aussi l’avantage de s’insérer dans le palissage. Le surgreffage représente également moins de temps de travail et un coût plus faible en matériel végétal.

Le surgreffage pourrait aussi être intéressant sur des ceps atteints de maladies du bois. « Dans de nombreux cas, les ceps atteints d’esca conservent un porte-greffe sain. Le surgreffage est donc souvent envisageable », indique la Sicavac à Sancerre (Service interprofessionnel de conseil agronomique, de vinification et d’analyses du Centre.

Les techniques de surgreffage les plus souvent utilisées pour la vigne, l’écusson (T-bud) et la greffe en copeau (chip-bud) ne sont cependant pas à conseiller pour des ceps atteints d’esca : le nouveau greffon présente souvent et rapidement des symptômes. L’Ifv estime que le surgreffage « ne permet pas de soigner une vigne et doit être pratiqué sur une vigne en bonne santé ». La Sicavac préconise elle le surgreffage en fente. « Le surgreffage en fente se réalise sur un pied décapité sans point de greffe. Cette technique est efficace, du moins sur certains cépages, et demande beaucoup de rigueur, explique François Dal, responsable du service viticulture à la Sicavac. Certains viticulteurs obtiennent 80% de réussite avec le surgreffage, d’autres 30 à 40%. Des ceps qui étaient atteints d’esca et qui ont été surgreffés il y a cinq ou six ans n’expriment pas de symptômes. Grâce à cette technique, des pieds atteints d’esca peuvent produire une demi-récolte un an après leur surgreffage et une récolte normale après deux ans »

Procéder au printemps

Le taux de réussite varie en fonction du soin apporté à la réalisation mais aussi des conditions météorologiques. La période idéale pour procéder au surgreffage en fente est le printemps, « un peu après le débourrement, lorsque la sève est en circulation, mais pas encore trop active », précise la Sicavac. Les refroidissements brutaux sont à éviter. « Un arrêt ou un ralentissement durable de la montée de la sève après l’opération est la cause majeure des échecs », commente l’Ifv.

Le surgreffage en fente consiste tout d’abord à couper le tronc de la souche à greffer quelques centimètres au-dessus du sol. Une fente au milieu du tronc est ensuite réalisée, d’une profondeur de 3 à 4 cm et que l’on peut maintenir ouverte avec un petit coin ou un outil type tournevis. Deux greffons taillés en biseau y sont introduits, à chaque extrémité de la fente, leur écorce étant en contact avec l’écorce du tronc. « Il faut sentir le greffon dépasser très légèrement lorsque l’on passe la main sur le côté du porte-greffe, note la Sicavac. Le premier œil de chaque greffon doit être à l’extérieur du pied. Les bourgeons émettent des hormones qui favorisent la soudure. »


Mise en place des greffons après avoir
décapité le cep sous le point de greffe (© Sicavac)

L’Ifv recommande de «ligaturer l’assemblage avec un lien dégradable et de le recouvrir de terre fine ». La Sicavac préconise de son côté un tuteur et un manchon (d’au moins 10 cm de diamètre) rempli de terre ou de sable, qui apporte une protection contre les accidents mécaniques et le dessèchement en conservant une humidité suffisante au niveau du point de greffe. Le manchon offre un « volant thermique qui freine le débourrement afin que la soudure se fasse parfaitement avant le démarrage des bourgeons ».

Un léger buttage doit en tout cas être effectué autour du manchon. Plusieurs semaines après l’opération, le débourrement des bourgeons du greffon signe la réussite de la greffe. « Si la soudure se fait correctement, deux ou trois sarments peuvent se développer et pousser de 0,5 à 2m la première année » observe la Sicavac.

Source : Viti-net
Auteur : Ingrid Proust, Ligérienne de presse
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