Pour obtenir dès le stade de la fermeture des grappes, une estimation fiable et rapide du rendement de la parcelle, il faudra patienter encore un an. Annoncé lors du dernier Sitevi, la sortie commerciale du dispositif Qualiris grappe est reportée d’une année, soit à espérer pour la vendange 2008. La société chargée de l’industrialisation du processus, Sodimel, basée à Canejan (33) souhaite s’assurer d’une utilisation facile et fiable chez les clients, viticulteurs et coopérateurs.
Le système faisant appel à la photographie numérique a été élaboré dès 1999 à l’initiative de l’ITV Midi Pyrénées en collaboration avec la cave coopérative des vignerons de Rabastens, avant d’être confié au Cemagref de Montpellier. Aujourd’hui, le projet est en expérimentation étendue sur tout le territoire national en phase de pré commercialisation. Qualiris constitue une véritable alternative innovante aux méthodes qui existent pour prédire de façon précoce le volume de récolte essentiellement des comptages sont très lourdes à mettre en œuvre dans la pratique. A ce titre, le dispositif a été récompensée d’une citation Innovation aux derniers Trophées Vinitech 2006.
« L’enjeu est de pouvoir rapidement constituer des groupes d’apport de « qualités » homogènes», précise l'Institut technique de la vigne et du vin de Midi Pyrénées. « Il s’agit de mettre en relation une mesure immédiate d’un lot de vendange à son potentiel aromatique, pour orienter l’itinéraire technique de la vinification vers une production optimale de composés aromatiques. A terme, il s’agit d’améliorer la « productivité aromatique » de sa vendange grâce à une information analytique adaptée et rapide .»
« Cette année nous est nécessaire pour procéder à des tests que réalisent les utilisateurs eux-mêmes, châteaux et coopératives », explique Michel Philippe, responsable du projet Qualiris de la société Sodimel. « Je souhaite d’abord vérifier qu’il n’y a pas d’effet terroir, à savoir les grappes des différents cépages grossissent ils dans toutes les régions de la même manière ? Nous souhaitons également vérifier les conditions réelles d’utilisation. Ainsi, le poids de l’équipement est à améliorer. Dans la méthode, il nous être très précis sur le nombre de pieds à photographier, dans quel rang et comment tenir compte de l’hétérogénéité de la parcelle ? Du fait de la mesure, nous sommes en train de prendre toute la dimension de l’hétérogénéité des grappes au sein d’une parcelle. Si idéalement, la méthode de prise des vues est une démarche aléatoire, il nous faut des méthodes qui s’adaptent aux utilisateurs qui ont une connaissance de l’hétérogénéité de leurs parcelles et se servent de pieds de référence. »

Un système portatif va permettre d’estimer le volume de la grappe à partir d’une simple photo numérique (© Sodimel)
La mesure est basée sur la prise de clichés numériques d’un nombre de grappes, un minimum de 20 à 25 photos au sein de chaque parcelle. La marge maximale d’erreur est de 10%. « Cela reste une bonne valeur et elle semble satisfaire tout le monde», précise Michel Philippe, qui a déjà reçu de nombreuses demandes à la fois de la part de coopératives, de syndicats mais aussi de châteaux. « Ce qui nous laisse penser que les grands châteaux ou domaines de chaque région vont s’équiper. Nous avons également des demandes pour mettre en place des offres de service. Nous disposons en effet pour les mesures d’une fenêtre d’une dizaine de jours autour de la fermeture de la grappe. »


