Le vin en Inde gagne du terrain sur la bière et les spiritueux. Même si sa consommation reste modeste. Actuellement estimée à environ 6 millions de litres, elle pourrait dépasser les 9 millions de litres l’année prochaine, selon l’Association des chambres de commerce indiennes. Ce qui ne représente qu’une consommation de 9 ml par habitant ! Le potentiel de progression est donc grand, surtout parmi les populations des grandes villes du pays, au niveau de vie en progression depuis les années 90 et au mode de vie occidentalisé.
![]() “Il peut être plus judicieux pour les producteurs de vins blancs de viser les régions côtières où la cuisine est basée sur les fruits de mer. Les régions intérieures où la viande de buffle joue un plus grand rôle peuvent convenir aux vins rouges”, (© Juliette Cassagnes) |
Les vins produits en Inde (dont 40% environ sont considérés de qualité) représentent les trois quarts de la consommation. Les importations sont cependant en croissance régulière et ont représenté en 2007 plus d’un million de litres. Beaucoup de vins sont encore importés en vrac et les moyens de conservation peuvent être insuffisants. Autre réalité à prendre en compte : la lourdeur des taxes à l’importation. En 2007, suite aux protestations de l’Union européenne à l’OMC, les autorités fédérales indiennes ont harmonisé les tarifs douaniers à un taux de 150% (ils pouvaient atteindre avant 500%). Mais certains États indiens ont pris des dispositions fiscales pénalisant les vins importés. La France bénéficie en Inde d’une très bonne image. Elle y détient de loin le rang de premier fournisseur étranger. “Les Indiens ont une grande curiosité envers la France. Et la France et l’Inde ont des points communs, comme l’importance donnée à la gastronomie”, souligne William Main, consultant spécialiste de l’Inde.
“L’Inde doit être considérée comme une succession de marchés correspondant à chacun de ses États et territoires” prévient le Mission économique française. “Il peut être plus judicieux pour les producteurs de vins blancs de viser les régions côtières où la cuisine est basée sur les fruits de mer. Les régions intérieures où la viande de buffle joue un plus grand rôle peuvent convenir aux vins rouges”, conseille Juliette Monmousseau, responsable export chez Bouvet-Ladubay à Saumur, racheté il y a quelques années par le groupe indien United Breweries. Avant de partir prospecter le marché indien, quelques conseils s’avèrent précieux. “Outre le fait de bien parler anglais, il est essentiel de montrer que l’on respecte la culture indienne, note William Main. Ne pas sous-estimer l’importance de la religion, la croyance au karma, avoir une deuxième paire de chaussures lorsque l’on est invité chez un Indien, car le protocole est d’enlever ses chaussures, offrir des cadeaux, surtout si l’on a affaire à des personnes d’âge mûr, mais pas des chocolats s’ils sont diabétiques comme beaucoup d’Indiens, respecter leur conception du temps, très élastique...”


