Inter Sud de France, qui fédère les comités interprofessionnels des vins du Languedoc, du Roussillon, Inter Oc et le comité régional de l’Anivit, a présenté à Vinexpo son plan stratégique à 10 ans pour augmenter de façon significative les ventes des vins du Languedoc-Roussillon en France et à l’export.
« Aujourd’hui, si on n’a pas de marques, il n’y a pas de business. Nous répondons aux attentes des marchés. Il nous reste à bien segmenter l’offre. Nous allons mettre les moyens qu’il faut pour être présents sur les marchés clés». Propriétaire d’une maison de négoce et créateur d’une gamme de vins à son nom, Gérard Bertrand est président de la commission communication d’Inter Sud de France, cette nouvelle fédération qui est parvenue à réunir les interprofessions du Languedoc-Roussillon (CIVL, CIVR, Vins de pays d’Oc et comité régional Anivit). Aux côtés d’autres responsables viticoles de la région, il a présenté le 18 juin à Vinexpo le plan stratégique développé autour de la « marque ombrelle » Sud de France.
 Intersud est une fédération de 4 interprofessions du Languedoc-Roussillon, formée en juin 2006. (© Intersud) |
Face à la baisse des parts de marché en valeur des vins du Languedoc-Roussillon à l’export ces dernières années, face à la dispersion des efforts de promotion et la faible notoriété des vins de la région (associés en outre à une image de vins de table), les professionnels ont décidé d’établir une stratégie de «
renouveau et de croissance ». Trois cabinets spécialisés (Ernest & Young, Sopexa USA et Wine Intelligence) ont été chargés de réfléchir à cette stratégie.
Après avoir établi les atouts de départ des vins du Languedoc-Roussillon (volumes importants et stables, “coûts de production compétitifs”, diversité des types de vins: vins blancs/rouges/rosés, effervescents, vins doux naturels) et les valeurs véhiculées par la marque Sud de France (des vins pouvant être bus en toute occasion, qui évoquent un “
art de vivre méditerranéen” et qui sont le “
reflet d’un savoir faire” séculaire), les analystes ont préconisé un positionnement en milieu de gamme (en France, entre 2 euros et plus de 5 euros) sur un concept de “
nouveau monde du vin : innovation, changement des codes, modernité, accessibilité”.
 Gérard Bertrand: "Les efforts de qualité n'ont pas été communiqués. En grande distribution, nous prévoyons des dégustations, des animations, nous testons un linéraire commun Sud de France" (© Passerelles - Intersud) |
Sud de France affiche des objectifs ambitieux : faire progresser d’ici 2017 les ventes de plus de 2,5 millions d’hl (+53%) et de plus de 1,55 millions d’euros (+163%) à l’export (Royaume-Uni, Allemagne, Pays Bas, Japon, États-Unis, Canada) et de plus de 1,2 million d’hl (+80%) et de plus de 1,3 millions d’euros (+185%) en France. Un budget marketing de 5,5 millions d’euros par an est prévu sur le marché français : 40% seront consacrés à la communication.
“
Notre région a réencépagé, segmenté ses terroirs, mais ses efforts de qualité n’ont pas été communiqués, souligne Gérard Bertrand. En grande distribution, nous prévoyons des dégustations, des animations, nous testons un linéaire commun Sud de France. Il ne faut pas laisser les produits tout seuls en rayon, et cela vaut aussi en cavistes et en restauration où le but est de créer une carte des vins Sud de France pour une meilleure lisibilité.” Le Plan Sud de France entend favoriser la création de marques privées fortes et l’innovation en terme de formats et d’habillages. Les entreprises viticoles sont appelées à des investissements marketing soutenus sur 10 ans, à hauteur de 10% de leur budget.
Objectif : 1 million d’hl vendus en 2017 aux USA
Aux États-Unis, le plan Sud de France se fixe pour objectif de faire passer les ventes de vins du Languedoc-Roussillon de 160 000 hl à 1 million d’hl en 2017 et en valeur de 130 millions d’euros à 940 millions. Au Canada, le doublement des ventes est visé. 2,5 millions d’euros par an jusqu’en 2010 sont prévus sur le marché américain pour la promotion, la publicité et les relations publiques.
Sur les autres marchés export, les ambitions de Sud de France sont d’augmenter les ventes en valeur de 50% en Allemagne, de 60% au Royaume-Uni, de 43% au Bénélux et de 140% au Japon. Au total, Sud de France prévoit un budget de 15 millions d’euros par an, “au moins pour les trois premières années” pour faire décoller les ventes en France et à l’export. “Aujourd’hui on a commencé un cercle vertueux, déclare Bernard Devic, directeur adjoint de Val d’Orbieu et président d’Inter Sud de France. Si on n’a pas la volonté de travailler ensemble, ça ne marchera pas. Pour le financement, il nous faudra récupérer au moins la moitié de ce qui est préconisé au niveau de nos interprofessions.” Le reste étant apporté par le Conseil régional de Languedoc-Roussillon, résolu à apporter 1 euro pour 1 euro mis par les professionnels.
Tous droits de reproduction réservés - Contactez
Terre-net