Observatoire Vigne et Vin

Conjoncture mondiale - La très faible production mondiale de vin impacte le marché

( Publié le 27/03/2013 à 15h39 )
Les faibles récoltes enregistrées en 2012 en Europe ont fortement impacté la production mondiale de vin, qui serait historiquement faible. L'équilibre entre offre et demande continue donc de se rétablir - engendrant même des tensions sur le marché des alcools industriels - et les volumes de vins exportés se stabilisent.
Grappes de raisins
La baisse de production est à attribuer principalement à l’Union européenne, touchée par de mauvaises conditions climatiques et une réduction de son vignoble. (© Terre-net Média)
L’année vinicole 2012 aura été marquée par la faiblesse de la production sur le plan mondial : estimée par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (Oiv) à 251 millions d’hectolitres pour l’année, soit 16 millions hl de moins qu’en 2011, elle atteint un niveau historiquement très faible, tout au moins depuis 1998.
La production vinicole mondiale ne cesse de diminuer depuis
La production vinicole mondiale ne cesse de diminuer depuis 2004. (© Oiv)

Cette baisse de production est à attribuer principalement à l’Union européenne, touchée par de mauvaises conditions climatiques et une réduction de son vignoble. La production en vin, hors jus et moûts, atteindrait pour 2012 un volume de 141,3 Mhl, soit un recul de 10 % par rapport à 2011. Les trois principaux pays producteurs – la France en premier lieu (42,2 millions hl, - 16.8 %), l’Espagne (29,6 millions hl, - 11 %) et l’Italie (40 millions hl, - 6 %) - étant concernés.

Pour les autres continents, en dehors de l’Argentine (11,8 millions hl, - 24 %), les principaux pays producteurs du "Nouveau monde" enregistrent une hausse de leur production : pour les Etats-Unis, 20,5 millions hl, soit + 7 %, le Chili, 12,5 millions hl, soit + 20 %, l’Australie, 11,5 millions hl, soit + 4 % et l’Afrique du Sud, 10 millions hl, soit + 8 %. La production chinoise a, quant à elle, été évaluée à 14,88 millions hl, soit en hausse de 13 %, la plaçant au 5ème rang des pays producteurs mondiaux de vin. Sur les douze dernières années, la production chinoise aura connu un taux de croissance de 42 %.

Un niveau de production mondiale très faible, couplé à une consommation mondiale en très légère reprise, le degré d’équilibre, mesuré par la différence entre les deux, conduit donc à une « tension globalement forte sur le marché mondial », selon l'Oiv. Ce degré d’équilibre pourrait même être négatif en 2012, compris entre - 2,9 et + 14,3 millions hl, soit + 5,7 Mhl en milieu de fourchette d’estimation et une chute de 75 % par rapport à 2011. A titre de comparaison, cet écart était de + 28,8 millions hl en 2009, de + 22,4 en 2010 et de + 23 en 2011.

« Il s’agit en effet de la troisième année consécutive où le volume disponible pour approvisionner les usages industriels - alcools d’origine viti-vinicole, vinaigres et vermouths - est inférieur aux besoins mondiaux qui sont estimés autour de 30 millions hl », explique l'Oiv. Le marché des alcools industriels souffrirait en effet d’une concurrence directe du vin commercialisé en vrac, plus rémunérateur ; leurs stocks, notamment d’alcools viniques, se situent désormais à un niveau bas consécutivement à la succession de productions modestes depuis 2007.

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Pour la première fois depuis 13 ans, les courbes de la production et de la consommation risquent de se rejoindre. (© Oiv)

Autre conséquence de cette très faible production : une pause, en 2012, dans la hausse des échanges mondiaux, mesurés par les volumes de vin exportés. En 2012, le volume total de vin a en effet atteint 101,4 millions hl, soit - 0,2 % par rapport à 2011. Cette baisse porte sur la part de vrac, qui s’explique en partie, selon l’Oiv, par la réduction du volume disponible à l’exportation. C’est essentiellement le cas pour l’Italie et pour l’Espagne (- 7 % et - 13 % par rapport à 2011), marqués par des productions modestes à très faibles tant en 2011 qu’en 2012.

Les autres pays exportateurs voient sinon leurs volumes exportés progresser, sur 2012. « Dans un contexte de récolte modeste, l’Italie demeure tout de même le premier exportateur mondial en volume avec 21,5 Mhl exportés en 2012, suivi par l’Espagne, à 19,1 Mhl », précise l'Oiv. En troisième position, les exportations de la France se redressent à 15 Mhl, une hausse de 6 % par rapport à 2011.

« Mais la faiblesse de la production n’a qu’une responsabilité indirecte dans cette baisse des exportations », ajoute l’Oiv. En effet, elle dépend également du niveau des stocks, avec une influence plus ou moins forte selon les pays du sud ou du nord, mais aussi des différents pays de destination des exportations et de leurs attentes respectives en matière d’embouteillage à proximité des lieux de consommation.

Compte tenu de ces évolutions, 2012 marque aussi un inversement de tendance par rapport à ces deux dernières années : la part des exportations des cinq premiers pays exportateurs de l’UE (Italie, Espagne, France, Allemagne, Portugal) fléchit (62,3 % en 2012 contre 65,4 % en 2011), tandis que celle des pays du "Nouveau monde" (Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Chili, Argentine, Usa) progresse à nouveau (28,2 % contre 25,7 % en 2011).

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Les volumes de vin exporté en 2011 au niveau mondial sont stabilisés. (© Oiv)
Source : Terre-net Média
Auteur : Juliette Cassagnes
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