Observatoire Vigne et Vin

Equipement - Mécanisation de la taille : la gamme s’étoffe

( Publié le 24/11/2011 à 17h39 )
De plus en plus de constructeurs proposent des machines de taille, qui permettent des gains de rentabilité importants. Des différences notables existent entre elles, et certaines présentent des évolutions « intéressantes ». Avant votre éventuelle visite au prochain Sitevi, voici un tour d’horizon des acteurs de ce marché et de leurs dernières nouveautés, avec Christophe Gaviglio, de l’Ifv*.


Pour la mécanisation de la taiile, la société
Chabas a fait le choix de l'emploi de barres de
coupe, contrairement à ses concurrents qui ont
préféré des scies circulaires. (© Ifv Sud Ouest)

« Depuis quatre ou cinq ans, on entend de plus en plus parler des possibilités de mécanisation de la taille et il n’y avait alors pas énormément de fabricants de machines de taille sur le marché, explique Christophe Gaviglio, ingénieur mécanisation à l’Ifv (Institut français de la vigne et du vin); mais aujourd’hui, il y en a de plus en plus ». Celui-ci en présente sept, dont leur principe commun consiste en « un travail très simple et basique de couper latéralement et horizontalement », au moyen de deux doubles scies circulaires ou de deux barres de coupe.
Ces machines ont aussi en commun un système d’ouverture au piquet, car on dénombre encore très peu de systèmes de conduite de vignes dédiés à la mécanisation de la taille. La plupart du temps, les piquets dépassent donc au-dessus du cordon, nécessitant ce système d’ouverture au piquet.
Enfin, chaque machine est équipée d’un dispositif d’appui latéral, l’objectif étant de tailler assez près du cordon, à l’aide de commandes de positionnement, automatisées ou manuelles. Mais chaque machine présente cependant des points de différenciation, importants à connaître pour aider à comprendre leur fonctionnement.

Couper net des sarments pour éviter une reprise manuelle

Concernant les modules de coupe d’abord, des différences existent entre les machines. La plupart d’entre elles sont équipées de scies circulaires, sauf l’une d’elle, qui a recours à des barres de coupe. C’est le cas de la machine proposée par la société Chabas, du constructeur italien Tanesini. L’objectif commun à ces machines : pouvoir couper net des sarments pour éviter une reprise manuelle.
Les machines à scies circulaires peuvent également être utilisées pour couper des chandelles, ou « bannes », sur des vignes âgées dans le but de les redresser. « Cela nécessite donc de la puissance de coupe, ce qui implique des vitesses de rotation importantes », commente l’ingénieur. Le système « barre de coupe » doit quant à lui être plutôt réservé aux systèmes dédiés, établis spécifiquement pour la mécanisation de la taille, préconise Christophe Gaviglio. Il présente l’avantage d’obtenir une coupe « nette, avec peu de projections et de bruit ». Concernant les modules de coupe, une attention devra aussi être portée à la protection des lames, qui est également un facteur de différenciation. « Ces machines sont un peu brutales, avec des diamètres de scie et des vitesses importants ; il faut aussi se tenir à distance respectable de ces machines », conseille celui-ci.


Pellenc utilise pour sa tailleuse un système d'ouverture mécanique
 avec des galets qui s'entourent autour des piquets.
(© Ifv Sud Ouest)

Les machines de taille mécanique diffèrent aussi par leur système d’ouverture aux piquets. Les deux options possibles sont : soit l’ouverture mécanique, avec des galets qui s’entourent autour des piquets. Ce sont les cas des constructeurs Cellier Boisset, Cgc Agri ou Pellenc. « Un système simple, fiable, avec appui mécanique », résume Chirstophe Gaviglio. L’autre possibilité consiste en un système avec assistance à l’ouverture, qui nécessite un besoin d’hydraulique. C’est le cas des machines Terral et Brunel. Pour la machine à barre de coupe Chabas, celle-ci est dotée d’un système simple d’appui avec baguette au niveau du piquet, qui repousse la barre de coupe en cas de présence du piquet.

Garder une vitesse de travail satisfaisante

Concernant le suivi en hauteur du cordon, deux options existent. Pellenc propose sur sa machine, et c’est pour le moment le seul, un système avec automatisation du suivi du cordon, baptisé « visio ». « Il permet a priori un réglage fin. Sinon un suivi manuel de la hauteur est nécessaire, commente l’ingénieur. En fonction de la configuration de la vigne, tel ou tel système sera plus ou moins avantageux ». Si la hauteur de coupe est stable et la hauteur de cordon variable, le recours à l’automatisation pourra être privilégié car permettra de garder une vitesse de travail satisfaisante. Si les vignes sont très mécanisables avec un cordon très droit et rectiligne, « on pourra à mon avis dans certains cas se passer de système automatisé tout en gardant une vitesse de travail satisfaisante ». Mais le suivi du cordon est également assuré par un dispositif d’appui latéral, afin d’être au plus près du cordon et ainsi éviter le plus possible de reprise manuelle latérale. Pour l’assurer, la plupart des machines sont équipées de rails de guidage, excepté celle de Cgc Agri, équipée d’un système d’appui avec vérins double-effet et palpeurs.

30 L/min


Tailleuse mécanique de la société Terral. (© Ifv Sud Ouest)

L’énergie utilisée est également un facteur de différenciation entre les machines. Toutes utilisent des moteurs hydrauliques pour la rotation des scies circulaires, sauf celle du constructeur Pellenc, qui a recours à des moteurs électriques. « Un petit avantage car on obtient des vitesses de rotation très élevées - supérieures à 4.000 tr/minutes contre 3.500 tr/min pour les autres -, cela peut donc jouer au niveau netteté de la coupe, commente l’ingénieur ; mais s’il y a peu de vieux bois ou de bois morts à couper, cette différence est peu importante ». Les besoins en débit hydraulique sont aussi variables selon les machines. Ainsi, celles des sociétés Brunel, Cgc Agri et Terral ont des besoins plus importants et nécessitent donc des centrales. Celle de Cellier Boisset en a moins, une centrale n’est donc pas indispensable. « Mais elle demande tout de même 30L/min, ajoute Christophe Gaviglio, Tous les tracteurs ne supportent pas ce besoin en hydraulique de la même manière ». D’une manière générale, le fonctionnement des scies circulaires demandent plus de débit hydraulique que les machines à barre de coupe.

Enfin, les possibilités de montages diffèrent d’une machine à l’autre et « évoluent très vite ». Un montage latéral est proposé sur les machines Cgc Agri et Verdoire, « ce qui permet une vision sur les outils et son positionnement par rapport au cordon, un point donc intéressant ». La plupart des autres matériels sont sinon montés en frontal, avec possibilités d’adaptation sur porteur. A noter aussi la possibilité pour certaines machines de les combiner avec la prétaille ; c’est le cas chez Cgc Agri, Pellenc, Terral et Verdoire.

 

Marque/
Constructeur
Commentaires
Prix
Cgc Agri (Vaucluse)
 
*3 modèles
*Montage lattéral (proximité à la cabine
*Avec prétaille : 21.000 €
*Sans module de prétaille : de 11.000 à 18.000 € selon automatisation du suivi latéral du cordon

Brunel
« Extrêmement basique », sans prétaille, mais contrainte de suivi manuel
 
9.500 €
Chabas (Tanesini)
*Barre de coupe
*Pas de bruit, pas de projections, *Coupe franche
*Demande peu de débit hydraulique
 
Environ 15.000 €
Terral
*Avec (nouveau) ou sans prétaille
*Centrale hydraulique
*Nouveauté : disques avec volant d’inertie pour absorber les variations d’effort demandé (notamment pour les vieux bois par ex)
 
9.500 € sans prétaille


Pellenc
*Version porteur avec prétaille
*Version basique sans prétaille et sans suivi automatique de cordon
*Version sans prétaille avec suivi de cordon automatique
20.900 €
14.900 €

19.600 €
Cellier-Boisset
Machine très basique
Prix très abordable
8.500 €


Verdoire
Machine très simple…
*…avec possibilité de combiner le module de prétaille avec module de taille rase
*Nouveauté Sitevi 2011 : suppression des guides inférieurs avec un nouveau système de centrage de la machine sur le cordon
 
21.000 €

 

Source : Terre-net Média
Auteur : Juliette Cassagnes
N.B : *Propos recueillis lors du colloque Ifv Sud-Ouest « mécanisation des sytèmes de conduite de la vigne » du 27/10/2011
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