![]() Dr. Dejan Tesic, Docteur à l’Australian Centre for Precision Agriculture, de l'Université de Sydney, précise que, comme en France, la viticulture de précision ne concerne qu'encore que les grands producteurs (© Charles Sturt University) |
La viticulture de précision est, selon Dejan Tesic, docteur à Charles Sturt University (à Wagga Wagga, Australie), « plus commune parmi les grands producteurs qui possèdent les plus grandes surfaces du vignoble australien ». Les petits vignerons étant majoritaires, la viticulture de précision reste donc une pratique minoritaire en Australie. Mais le décompte précis du nombre et du type d'utilisateurs faisant appel à ces technologies est difficile, car ce terme englobe un grand nombre de techniques différentes.
En Australie, beaucoup de viticulteurs ne voient pas l’intérêt d’employer des techniques de précision (mis à part les systèmes d’information géographique), parce qu’ils sont satisfaits de la qualité et la quantité de leur production. D’après Dejan Tesic, la précision en viticulture porte principalement sur « la régulation de l’irrigation selon les besoins des parcelles », mais n’est pas liée à une intensification de la production. En effet, l’irrigation des vignobles australiens représente 83,5 % de la surface totale en vignes. Les besoins en eau sont très variables selon les sols, il est donc important, dans le contexte économique et environnemental de mettre en œuvre des systèmes de régulation.
En France, les techniques de précision semblent être moins utilisées qu’en Australie. Ce constat laisserait à penser que la viticulture française possède moins de moyens pour investir dans ces technologies. Or, Dejan Tesic explique que « le développement de la viticulture de précision est certes légèrement dépendant des moyens financiers, mais surtout des services proposés en terme de technologies de précision ». De plus, dans les pays du nouveau monde, les outils de l’information sont dédiés à l’optimisation de la gestion technique de la production. Dans le cas où les structures sont plus petites, tel qu'en France, les systèmes d’information qui se développent sont plus dédiés à l’optimisation de la gestion des apports en cave coopératives. Enfin, selon Dejan Tesic, la surface moyenne des vignobles français inférieure à 10 hectares explique la moindre nécessité d’utiliser des techniques de précision. « Le comparatif pur et simple du degré d’utilisation des techniques de précision, entre les deux pays, n’est pas réalisable puisque les surfaces et les conditions du milieu sont très différentes », ajoute l'intéressé. La recherche est par contre aujourd'hui très avancée en France comme en Australie. Car pour répondre aux exigences nouvelles, qualité, traçabilité et environnement, et garder le cap au sein de la concurrence internationale, la viticulture de précision pourrait devenir un outil majeur.
L'agriculture de précision :De quoi s'agit-il exactement ?C’est un concept de gestion des parcelles agricoles, basé sur le constat de l’existence de variabilités intra parcellaires afin d’augmenter la productivité et de diminuer les impacts environnementaux.
En viticulture, les technologies de précision peuvent permettre de modifier l’itinéraire cultural. Les recherches dans ce domaine prennent de plus en plus d’importance, notamment en Australie où l’estimation de la contrainte hydrique est très intéressante.
Il existe 7 domaines pour la technologie de précision utilisée en viticulture: elles indiquent le positionnement et permettent :
Les intérêts principaux de ces technologies sont la maximisation des rendements et de la qualité mais aussi de la diminution importante de l’impact environnemental au niveau de l’irrigation et des produits chimiques. Par des techniques de précision, il est possible de donner l’historique de la parcelle en terme d’apport en engrais, produits phytosanitaires, de ce fait connaître les besoins de la vigne et ainsi permettre de raisonner les apports. |
Pour en savoir plus, consultez les articles déjà parus sur le sujet :
« Viticulture de précision: Deux applications pratiques dans la conduite du vignoble »
«Viticulture de précision: Mieux gérer les variabilités intra-parcellaires »


