L'objectif de cette antenne de l'INRA Bordeaux-Aquitaine est de démontrer qu'il est "possible d'allier qualité, typicité, respect de l'environnement et viabilité économique", explique le directeur du château Dominique Forget, ingénieur mais également oenologue et fils de viticulteur.
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Sur ce site, l'INRA s'intéresse "principalement au fonctionnement de la vigne dans un objectif de qualité du vin et de préservation de l'environnement", afin de saisir notamment "comment la plante exploite les ressources disponibles pour produire un raisin de qualité". Au fil des années, différents outils d'aide à la conduite de la vigne ont été élaborés, tels que la mise en place de règles de décision, qui permettent de raisonner l'apport phytosanitaire en croisant des données météorologiques avec l'apparition de symptômes sur les plants ou la connaissance du terrain. Autre outil, la radiographie des parcelles, qui dresse, grâce à une machine à infrarouge montée sur un tracteur, une cartographie de la densité de la vigne permettant ensuite d'adapter en fonction de sa croissance la quantité de fertilisants ou de traitements anti-parasitaire à lui administrer.
Au Château-Couhins, on pratique une "viticulture de précision et une viticulture intégrée", affirme Benoît Fauconneau, président du centre Bordeaux-Aquitaine, qui possède un autre site en AOC sur la région -s'ajoutant aux autres sites viticoles de l'INRA à Colmar et Montpellier. "La viticulture de précision, c'est maîtriser quasiment pied par pied ce qu'on apporte à la plante". La viticulture intégrée consiste elle à "réduire au maximum les intrants (engrais et produits phytosanitaires)" en utilisant le bon produit au bon moment. "Avant toute intervention, on réfléchit au pourquoi et aux conséquences", avec une "vision globale de la filière", afin d'obtenir le meilleur bilan énergétique et écologique, résume Dominique Forget.
Initialement domaine expérimental, la propriété devient peu à peu la "vitrine du savoir-faire" de l'INRA, qui entend "valoriser son patrimoine" et "diffuser sa culture scientifique et technique" en s'ouvrant au monde extérieur et en plaçant ses crus "sur un marché porteur d'image", plaide M. Fauconneau. Ainsi, pour 20 euros en moyenne, les amateurs français ou étrangers peuvent désormais s'offrir une des 60.000 bouteilles de rouge -et 30.000 de blanc- que Château-Couhins INRA produit chaque année sur ce terroir argilo-calcaire truffé de petits galets polis, nommés graves.


